Meme Tchite: "Personne ne me connaît vraiment"

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Il trimballera comme une plaie son image de traître à la "patrie" mais il en faut plus pour embarrasser Meme Tchite. Drapé façon "bling bling" de la tête aux pieds, le joueur belge pourrait au choix ajouter à sa casquette "fashion" et à ses impressionnantes boucles d’oreille un maillot d’Anderlecht, du Standard ou du Club brugeois.

Parti de Liège sur la pointe des pieds mais sans éviter de faire les bruits de vaisselle cassée derrière lui, Tchite refuse aujourd’hui d’endosser son image de joueur mercenaire. "Vous savez, les gens ne me connaissent pas vraiment. Tout le monde se fait un avis sur moi et c’est bien leur droit. Mais si je n’étais parti que pour l’argent, je serai loin de Bruges à l’instant où je vous parle. En arrivant au Club, j’ai dit que la direction avait fait l’effort que le Standard n’avait pas réalisé. Cela a été mal interprété."

Car que Tchite ait méchamment augmenté son salaire en troquant le "rouche" pour un bleu au noir mêlé, personne ne parviendra à en douter. Mais à côté des questions financières et des enjeux de porte-monnaie, l’ancien buteur anderlechtois a aussi laissé l’affectif parler.

Alors que le départ de Lucien D’Onofrio l’avait déjà touché de plein fouet, le retrait de Pierre François n’aura strictement rien arrangé. "Il y a eu ces changements dans la direction. Lucien était parti. Pierre aussi. C’était un peu mon deuxième père. Je lui serai éternellement reconnaissant. Sans lui, je ne serai déjà pas resté au mois de janvier."

Comme de sa dernière chemise, Meme Tchite se moque des clichés. Et lorsque certains le prennent pour un fêtard invétéré et pour un joueur demeuré, Meme Tchite laisse son histoire parler pour lui. "Lorsque je suis arrivé au Standard, je venais de nulle part. J’ai dû apprendre le français. Au Burundi, je parlais le Swahili tout en comprenant un peu votre langue. Je me souviens de mon arrivée à Liège. Lignes 48 et 58 du bus pour me rendre aux entraînements. Mon premier contrat au Standard était de 1 000 euros bruts par mois. Ce n’était pas assez pour vivre mais cela ne comptait pas pour moi."

Si Meme Tchite ne transpirait pas de spontanéité, on aurait pu croire que ce discours avait été préparé sur mesure, le temps d’un exercice de communication patiemment rôdé ( "Communication ! C’est ce qui manquait au Standard"). Car, à la veille de la reprise du championnat, le transfert de l’été sait qu’il sera sans doute cueilli à froid par certains publics (en commençant par les supporters liégeois). "Bruges est un club plus familial, cela se voit tout de suite. Mais quand les gens parlent d’un manque de respect vis-à-vis du Standard, cela me fait mal. Très mal. Les gens ne savent pas tout ce que j’ai fait pour ce club."

Leekens, lui, n’en a jamais douté

Thibaut Roland (avec HNb)

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