Football

La Fédération internationale de football (Fifa) a mis l'accent sur les contrôles antidopage inopinés sur les joueurs dans les semaines précédant le coup d'envoi de la Coupe du monde, avec l'objectif qu'au moins huit par équipe soient ainsi testés. Les équipes ont ainsi vu débarquer sur leur lieu d'entraînement des contrôleurs, comme ce fut le cas pour les Français lors de leur stage dans la station savoyarde de Tignes mi-mai.

"Par rapport à la précédente Coupe du monde, nous avons doublé le nombre de joueurs soumis à des contrôles inopinés avant le coup d'envoi", explique Jiri Dvorak, le médecin chef de la Fifa. "Il y a toujours des discussions à savoir si nous en faisons assez ou pas. Mais pour nous, cela est la même chose." En revanche, les contrôles sanguins ont refait leur apparition aux côtés des prélèvements urinaires. En 2006, la Fifa avait décidé d'en faire l'économie, jugeant que le test de détection de l'hormone de croissance (basé sur une analyse du sang) n'était pas alors assez efficace. Cette année, les contrôles inopinés sont d'autant plus facilités que les équipes sont astreintes aux obligations de localisation, qui leur imposent depuis le 22 mars de fournir un endroit et une heure par jour où les joueurs peuvent être trouvés.

La période en compétition démarre pour chaque équipe 24 heures avant son premier match. Ce qui a son importance, puisque certains stimulants comme le cannabis ou la cocaïne, qui représentent la grande majorité des contrôles positifs en football, ne sont pas sur la liste des produits interdits hors compétition. Pendant le Mondial, au minimum deux joueurs de chacune des équipes seront contrôlés lors de chaque match. Tous les échantillons seront analysés au laboratoire de Bloemfontein, l'un des laboratoires antidopage accrédités par l'Agence mondiale antidopage (AMA), avec le soutien du laboratoire suisse de Lausanne. "Depuis 1994 et Maradona, nous n'avons pas eu un seul cas positif, en et hors compétition" en Coupe du monde, rappelle le Pr Dvorak. Si Diego Maradona, le dieu du foot argentin, avait été testé positif à l'éphédrine durant la Coupe du monde aux Etats-Unis, une nouvelle affaire semble aujourd'hui peu probable.

"Je pense qu'il faudrait être très, très bête pour se doper", souligne David Howman, le directeur général de l'AMA. "Le monde entier regarde cet événement, vous n'avez pas envie de faire honte à votre pays, ni d'être la honte vous-même, et au sein d'une équipe, la pression est parfois plus forte parce qu'on ne veut pas faire des choses devant ses coéquipiers. Il y a un effet: Ne fais pas ça."