Football A défaut d'avoir signé un grand match, l'Espagne a préservé intactes ses chances de qualification. Si elle s'impose à Saint-Marin, mercredi prochain, elle participera automatiquement aux barrages. Et si, dans le même temps, la Serbie perd des plumes face à la Bosnie, elle pourrait même se retrouver directement en Allemagne.

Ce constat mathématique plutôt positif n'empêchait pas Luis Aragones d'être très critique à l'égard de ses hommes. «Notre début de match fut mauvais. Tout le monde semblait perdu sur le terrain. C'est un véritable miracle que nous n'ayons pas encaissé un but durant la première demi-heure. Il y avait, certes, un peu de nervosité dans le chef de certains. Mais cela n'excuse pas une grande légèreté tactique... »

Le sélectionneur espagnol reconnaît que la Belgique a très bien joué en début de partie. «Comme je le prévoyais, elle a joué son va-tout. Elle nous a soumis à une terrible pression. Heureusement, elle n'a pas réussi à ouvrir la marque. Si cela avait été le cas, nous aurions sûrement éprouvé de grandes difficultés à renverser la situation et nos chances de qualification se seraient envolées. »

«Les deux buts de Torres

vont lui donner confiance»

On sent le coach espagnol soulagé. «En deuxième période, mes joueurs ont mieux trouvé leurs marques. Ils ont eu le contrôle du ballon. J'ai fait entrer Reyes et Villa pour donner davantage de percussion à mon attaque. Je trouvais que mes ailiers (NdlR: Joaquin et Vicente) jouaient trop loin de Xavi et d'Albelda. »

En offrant les deux buts de la victoire à Fernando Torres, Antonio Reyes a donné raison au seleccionador. Insaisissable, l'attaquant d'Arsenal a été de tous les bons coups. «C'est une grande satisfaction. Tout comme les deux buts de Torres... »

Jusqu'ici, le goleador de l'Atletico Madrid n'avait jamais réussi à vraiment convaincre sous le maillot national. Là, il a joué les héros. «Je suis content pour lui. Il le mérite. Et cela va lui donner beaucoup de confiance pour la suite de sa carrière », poursuit Aragones.

Si elle devait participer aux barrages, les 12 et 16 novembre prochain, l'Espagne bénéficierait d'un statut de tête de série qui lui permettrait, le cas échéant, d'éviter les autres ténors des repêchages. Mais il lui faudra, de toute façon, élever son niveau de jeu pour obtenir son visa pour le Mondial allemand et participer à sa huitième phase finale consécutive.

L'Espagne a étalé

ses faiblesses habituelles

Certes, techniquement, elle possède d'excellents éléments. Mais samedi, elle a encore étalé au grand soir ses faiblesses habituelles: une grande fébrilité défensive, une évidente difficulté à se défaire d'un pressing sur le porteur du ballon et un manque de créativité au milieu du terrain.

Ces vingt dernières années, l'Espagne a bénéficié de générations de grands talents (Butragueno, Michel, Sanchis dans les années 80; Zubizarreta, Guardiola, Hierro dans les années 90). L'équipe d'aujourd'hui, avec un Raul vieillissant, n'a sans doute pas le même registre.

© Les Sports 2005