Partir ou rester: bon gré mal gré

Thibaut Roland Publié le - Mis à jour le

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Faut-il garder un joueur contre son gré ? Entre Matias Suárez, Lucas Biglia ou Jérémy Perbet, le football belge a appris à refroidir les nerfs de ses étoiles filantes et à les canaliser en attendant qu’un véritable bon de sortie parvienne à contenter toutes les parties.

A Anderlecht, Herman Van Holsbeeck a longtemps traîné la jurisprudence Aruna Dindane comme un boulet. Toujours son contrat au Sporting, l’attaquant ivoirien avait mis le Parc Astrid à sac (allant jusqu’à vider son casier en signe d’hostilité), histoire de faire comprendre qu’en dépit de ses obligations contractuelles, le temps du départ avait bel et bien sonné. Tirant la tête et traînant les pieds, Aruna s’était finalement résigné à rester à Anderlecht une année supplémentaire. Une année bariolée par les phases de méforme, d’absences, de blessures et de petites contrariétés.

Plusieurs fois par la suite, Herman Van Holsbeeck avait alors répété qu’on ne l’y reprendrait plus, que le temps des joueurs "assignés à résidence" était désormais révolu. A l’heure où certains s’inquiètent de la gestion du "cas Suárez", le manager anderlechtois se plaît d’ailleurs à tromper les apparences en gérant parfaitement tous les paramètres humains du dossier. Parce qu’il sait que son Argentin n’a pas le caractère frondeur d’Aruna, parce qu’il n’a pas le poing aussi ferme que ses déclarations à la presse pourraient le laisser penser, Van Holsbeeck garde aujourd’hui la main sur le dossier.

Cette main, Alain Lommers et la direction montoise l’ont en partie perdue sur Jéméry Perbet. Annoncé tour à tour à Parme (jusqu’à ce que le transfert d’un Dorlan Pabon, au demeurant scouté par Anderlecht, ne vienne tout geler), au Standard (une question de prix et d’opportunités) et au fin fond de la Russie, le buteur français est finalement resté à Mons, contraint de s’entraîner "la queue entre les jambes" en attendant de voir la grogne des supporters hennuyers passer. Sifflé lors de sa montée au jeu face à Valencienne (un match amical remporté par les Montois), Perbet pensait surtout à éviter de remettre des couches d’huile sur un feu encore frais. "J’ai la conscience tranquille car j’ai fait ma part du boulot et je suis toujours resté disponible pour le public, même après une défaite. Je pense que les critiques à mon sujet émanent d’une minorité de supporters. En tant que pro, je dois faire abstraction de ce genre de réactions. Dans le foot, on passe rapidement d’un statut à un autre. Si je reste au club, je prouverai à ceux qui m’ont sifflé qu’ils ont eu tort de le faire."

Reste qu’en dépit des propos sages, le point de non-retour ne semble pas loin. Si Herman Van Holsbeeck a déjà compris qu’il ne retiendrait pas Suarez au-delà de l’été, Alain Lommers et Dominique Leone n’ont sans doute plus intérêt à garder Jérémy Perbet.

D’Anderlecht à Mons, l’heure n’est ni aux exercices de musculation ni aux épreuves de contrariété. Chacun se contente simplement d’attendre le "momentum". Cet instant magique où l’offre et la demande devraient se rencontrer. Reste que dans un marché en crise, les rêves sont eux aussi bradés

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