Pas de Portugal 2004 pour les Diables

Michel Dubois Publié le - Mis à jour le

Football

"Nous avons un match à gagner. Nous n'avons aucune intention de le bâcler, rassure Timmy Simons. L'Estonie mérite que nous l'abordions avec respect. Le reste ne nous intéresse pas. Tout au moins jusqu'au coup de sifflet final..."

Titulaires ou réservistes, les Diables Rouges assurent tous, avec une conviction pas toujours feinte, qu'ils ne chercheront pas à connaître l'évolution du score du match Croatie-Bulgarie. «Que nous le voulions ou non, nous finirons bien par être mis au courant à un moment, prédit Emile Mpenza. Les Diables s'érigent, évidemment, en ardents supporters des Bulgares, qu'ils sont prêts à se parer de toutes les vertus. «Nous sommes disposés à faire le maximum pour les aider, rigole Thomas Buffel. Même à leur offrir nos... primes de match. Cet investissement se révélerait rémunérateur en cas de qualification pour l' Euro 2004. Hélas, cette démarche s'assimilerait sans doute à une tentative de corruption passive.»

Retour d'ascenseur?

Cédric Roussel assène son argument avec une certaine conviction: «Les Bulgares gagneront à Zagreb. Ils nous sont redevables de leur présence assurée au Portugal en juin prochain. Nous leur avons grandement facilité la tâche en battant la Croatie au Heysel. Je veux croire qu'ils feront oeuvre de réciprocité. Je leur communique très volontiers la marche à suivre: s' accrocher le plus longtemps possible au partage blanc dans l'espoir d'inciter le difficile public croate à exciter ses joueurs. Je n'exige même pas d'eux qu'ils gagnent.»

Plus prosaïque peut-être - ou plus naïf -, Olivier Deschacht certifie: «Les Bulgares joueront le jeu. La fierté de défendre l'honneur de leur pays primera sur toute autre considération. Je compte beaucoup aussi sur la crainte que suscitera la presse bulgare. J'espère qu'elle sera attentive à débusquer et à fustiger tout manquement à l'éthique sportive ou tout relâchement suspect de ses joueurs.»

Walter Baseggio veut croire, lui aussi, en l' étoile bulgare: «Le leader de notre groupe peut assimiler déjà ce dernier match qualificatif à un sérieux test d'aptitude à l' Euro. Au Portugal, la Bulgarie sera confrontée à des adversaires d'un calibre au moins égal à celui de la Croatie. Elle jouit d'une formidable occasion, ce samedi, d'en prendre la mesure. Ceci dit, si les Croates se sentent dans un grand soir, les Bulgares leur résisteront malaisément.»

Emile Mpenza résume l'opinion générale: «Sans pression, les Bulgares peuvent réussir de belles choses. Les Croates seront plus fébriles. La conjonction de ces deux observations peut nous être favorable...»

© Les Sports 2003

Michel Dubois