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Passé du statut d'adjoint à celui d'entraîneur principal, Franky Vercauteren, le successeur d'Hugo Broos à la tête d'Anderlecht, va tenter de sauver les meubles en accrochant une qualification pour la Ligue des Champions. «J'ai accepté cette mission puisque mes conditions ont été remplies», explique Franky Vercauteren, assis aux côtés d'Herman Van Holsbeeck et en face de Glen De Boeck et de Daniel Renders, qu'il a choisi comme adjoints. «Si on ne croit plus au titre, il ne faut pas travailler à Anderlecht. Nous allons tout faire pour accrocher, au moins, la deuxième place. L'objectif prioritaire à court terme est clair: il faut gagner. Avec la manière.»

La question est de savoir comment Franky Vercauteren va s'y prendre pour réussir là où Hugo Broos, avec toute son expérience, a échoué. En opérant des changements tactiques ou en titularisant à nouveau des joueurs comme Jestrovic ou Zetterberg? «Ne vous attendez pas à une révolution, j'ai toujours été d'accord avec les choix de Hugo Broos», répond Franky Vercauteren, qui ne reprend pas l'équipe dans les meilleures conditions vu l'absence des internationaux: «Vendredi, quand le noyau sera complet, nous allons discuter avec les joueurs. La solution, il faut la trouver en groupe. Les joueurs doivent en prendre conscience.»

Un nouvel état d'esprit

Dès samedi, contre Ostende, on devrait voir la touche Vercauteren: «Je veux des joueurs disponibles physiquement et mentalement. Ils doivent s'engager à 200pc. Peu importe la tactique ou le nom. Les 27 joueurs du noyau sont sur un pied d'égalité. Les meilleurs joueront.»

Comme n'importe quel entraîneur, Franky Vercauteren ne sera pas épargné par les bouderies des joueurs déçus: «Je n'ai pas encore de problème avec un joueur mais cela viendra peut-être samedi, quand tel ou tel ne sera pas repris ou aligné. Cela voudra dire qu'il n'est pas le meilleur et ce sera à lui de se poser des questions. Qu'il se remette en question plutôt que de rouspéter. Il faut instaurer un nouvel état d'esprit, en oubliant le passé. Les résultats du groupe doivent primer sur le reste.»

Franky Vercauteren en est déjà à sa 2e mission de sauvetage au Sporting (1998-1999, avec Jean Dockx, il prend la succession d'Arie Haan). Jusqu'à présent, il avait toujours dit qu'il n'aspirait pas à devenir T 1. «Je n'y ai pas encore songé», assure l'ancien joueur du Sporting et des Diables Rouges, âgé de 48 ans. «Le contrat que j'ai signé pour trois ans et demi à Anderlecht, jusqu'en 2008, en tant qu'adjoint et responsable de la formation, n'a pas été modifié. Maintenant, l'opportunité se présente de reprendre l'équipe en main. Pour l'instant, on travaille dans l'urgence. Nous ferons une évaluation en fin de saison.»

Sous-entendu: si cela satisfait les différentes parties, Franky Vercauteren n'exclut plus la possibilité de rester en place avec son staff (De Boeck et Renders, Munaron comme entraîneur des gardiens et Dehaeseleer comme préparateur physique) pour la saison prochaine.

Révérence le 27/11

«Je ne me rends pas compte que c'est fini...» Glen De Boeck s'excuserait presque de ne ressentir aucune émotion particulière. «Je suppose que, très bientôt, je vais accuser un petit contrecoup moral. Mais, pour l'heure, je me sens fier que Franky m'ait choisi comme adjoint.» Glen De Boeck vient d'apposer le point final à une carrière qu'il a étalée sur douze saisons et demie, dont il a jeté les fondations au FC Malinois - de 1992 à 1995 - puis qu'il a épanouie à Anderlecht. Le défenseur boomois a tiré sa révérence - sans le savoir - le 27 novembre dernier, à dix minutes du terme de son 300e match de championnat, contre Westerlo. Il a inscrit vingt buts, remporté trois titres nationaux - en 2000, 2001 et 2004 - et endossé trente-six capes de Diables Rouges. «J'ai toujours imaginé que je dériverais un jour vers le banc de touche. Mais je n'imaginais pas que je le ferais dès à présent.»

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