Football

L' année 2004 s'annonce comme un grand cru pour moi. Au plan professionnel, mon club est toujours engagé sur trois fronts. A l'image de l'équipe, j'ai entamé le second tour de manière plus convaincante que je n'avais disputé la première phase du championnat. Au plan privé, je vais être papa pour la première fois à la fin de ce mois...»

Timmy Simons irradie. L'ex-Soulier d'Or est heureux dans sa vie professionnelle et familiale. Avec Kathy, sa compagne, il a préparé avec amour la chambre du bébé: «La naissance est programmée entre le 22 et le 27 de ce mois. Quelle que soit la date, elle m'empêchera de fêter l'événement avec le faste qu'il méritait: quand on joue tous les trois jours, on ne peut pas se disperser. Surtout moi, qui me flatte de n'avoir jamais manqué un entraînement.» Timmy Simons sourit. Il ne veut surtout pas qu'on le plaigne. Ni qu'on le force à trancher la question, récurrente, qui ne l'agace pas (encore) : «Suis-je plus utile à l'équipe en défense ou dans l'entrejeu? Sincèrement, je l'ignore. Personnellement, je n'affiche aucune préférence. Ce qui compte pour moi, c'est servir la collectivité. Quand, comme c'est le cas actuellement, je me sens physiquement, athlétiquement et mentalement en grande forme, je peux aider mes équipiers dans les deux secteurs de jeu.»

Dans la corbeille de baptême de son futur bébé, Timmy Simons entend déposer une qualification pour les quarts de finale de la Coupe de l'UEFA. «Bordeaux est-il plus fort que Debrecen mais moins brillant que Lyon? Peut-être. Mais ne nous abusons pas: l'équipe girondine représente toujours un des plus beaux fleurons d'un bon championnat européen. Elle n'est pas truffée de grands noms? Pensez-vous que le Club Brugeois le soit? Lequel d'entre nous l'entraîneur bordelais (Michel Pavon) connaissait-il de réputation avant de nous découvrir, ce dimanche? Notre valeur individuelle, nous continuons de la forger dans la collectivité.»

Un seul petit regret

A la veille de cet événement, Timmy Simons ne nourrit qu'un petit regret: «Je pense que le football français, plus direct, nous convient mieux que le football espagnol, beaucoup plus technique. Personnellement toutefois, j'aurais préféré disputer le match aller... à Bruges. Parce que, dans un bon soir, nous pouvons nous révéler irrésistibles dans la Venise du Nord. Pour les Girondins, l'effet de surprise aurait alors été total comme cela avait été le cas contre Lyon, contre Galatasaray et contre le Borussia Dortmund. A mes yeux, ces rencontres-là constituent nos matches référence au plan européen. Comment devrons-nous évoluer sur la pelouse de Bordeaux? Nous ne devrons certainement pas camper stérilement sur nos bases arrières. Nous devrons trouver l'équilibre tactique qui nous permettra de nous créer des occasions. Un but pourrait être suffisant. Quel que soit même le score final. Je suis convaincu qu'une défaite par trois buts à un par exemple ne nous condamnerait pas nécessairement. Notre second parcours d'affilée en Ligue des Champions nous a convaincus que nous étions capables de forger une différence substantielle dans n'importe quel match. Ce n'était pas encore tout à fait le cas la saison dernière.»

Timmy Simons ne peut être suspecté de présomption lorsqu'il assure: «En remportant sept matches de championnat d'affilée, nous n'avons fait que ce qu'on attendait de nous.»

Le dira-t-il également si le Club élimine les Girondins?

© Les Sports 2004