Football

Leur téléphone sonne parfois désespérément dans le vide ces derniers temps. Enfilant les avions, les réunions, les heures de décalage, certains agents n’ont pour l’heure que peu d’instants à jeter dans d’autres discussions que celles tournant autour du mercato de janvier.

Loin des caricatures, certains d’entre eux consacrent parfois des semaines entières à un dossier qui ne conclura jamais. De quoi justifier sans doute leurs commissions (en moyenne 7 %) sur les transferts réalisés et autres primes dites parfois de "fonctionnement".

Les appelés se croient nombreux. Les élus sont pourtant bien peu. En Belgique, seuls 10 % des agents se partagent 90 % du marché et leurs noms n’ont plus rien de visages cachés. Jacques Lichtenstein (Eleven Management), Patrick De Koster (J&S Sportmanagement), Didier Frenay (Star Factory), Mogi Bayat, Walter Mortelmans (ISM Management) et Christophe Henrotay ont aujourd’hui convaincu tous les dirigeants du pays qu’ils pouvaient faire et défaire le marché.

Une prime à la compétence

Au-delà de toutes les théories du complot et de toutes les accusations de copinage, ce phénomène des "happy few" ne comporte pourtant aucun élément stupéfiant. Comme il en va de n’importe quel marché, les lois de l’économie auront toujours montré que le nombre de "poids lourds", de "grandes marques" ne pouvait être que limité. Le monde du football et des agents n’y aura pas échappé. D’autant que les clubs finissent naturellement par accorder une prime à la compétence. Une compétence qui se limite bien souvent à quelques grosses personnalités

Car en dépit des examens (jugés plutôt exigeants) nécessaires à l’obtention d’une licence d’agent, rares sont ceux aujourd’hui capables de réaliser rapidement et consciencieusement un véritable montage sportif et financier. Souvent entourés par une bagatelle de "partenaires" (avocat, banques, agents immobiliers), Mogi Bayat, Christophe Henrotay ou Jacques Lichtenstein apparaissent entre autres capables de boucler un transfert en quelques heures sans que le contrat ne soit entaché de la moindre anomalie ou d’un point suspect. Or, le temps apparaît plus que jamais comme l’un des facteurs les plus déterminants. Au-delà des transferts patiemment préparés depuis des mois (comme le sera d’ici quelques jours celui d’un Junior Malanda), de plus en plus de négociations exigent souvent de se boucler dans la précipitation.

Le bouche à oreille

Mais de Mogi Bayat à Patrick De Koster, l’effet du "bouche à oreille" aura aussi constitué l’un des meilleurs moyens de s’installer sur le marché. Loin des marchands de tapis venus courtiser les joueurs à la sortie des stades et des terrains, ces agents auront surtout bénéficié des confidences faites entre joueurs. Malanda, Kage ou Zola illustrent entre autres ces histoires de joueurs convaincus par leurs compagnons de vestiaire de changer d’agent et de se stabiliser. Car les joueurs "nomades" (trop d’agents, trop de mandats donnés) finissent tôt ou tard par se griller.

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