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Le 20 avril 2008, Michel Preud’homme avait ramené le titre à Sclessin après vingt-cinq ans d’attente. Six ans plus tard, il revient à la tête du Club de Bruges et espère bien remporter une victoire décisive dans la course au titre.

Favori pour le titre, il y a dix jours, après s’être emparé de la première place, le Club Bruges n’a plus les faveurs des pronostics après sa défaite à domicile contre Anderlecht. Mais avec le déplacement au Standard programmé dimanche, la donne pourrait à nouveau changer…

Pour préfacer ce match, entre autres, nous sommes allés à la rencontre de Michel Preud’homme au Jan Breydelstadion. "J’aime ces playoffs. Cela vit énormément, commence l’entraîneur du Club Bruges. Mais il faut être prêt mentalement à passer constamment de tout à rien et inversement. On a joué les montagnes russes, mais les autres aussi sans quoi on aurait déjà un champion."

Bruges peut encore l’être. Mais quid s’il ne l’est pas ?

Ce ne serait pas une catastrophe car on n’était pas superfavori en début de saison. Quand on voit les noyaux des équipes du top, cela se vaut. Mais bon, c’est clair qu’on veut l’être. Et que, si proche du but, on doit tout faire pour atteindre l’objectif. Et si on finit deuxième ou troisième, on sera très déçu. Mais il ne faudra pas oublier ce qui a été fait. A un moment, on était à douze points du Standard…

Sentez-vous dans votre groupe la crainte de voir ce mauvais scénario qui se répète : Bruges qui lutte pour le titre mais qui le rate…

Non. On a essayé d’enlever cette pression chez les joueurs. En fixant des objectifs intermédiaires pour atteindre au final un plus grand objectif. C’est comme cela qu’on a réduit l’écart. Aujourd’hui, je sens une attente énorme du public, de tout Bruges… Mais j’ai connu pire (sourire). Un jour, cela va arriver.

Au-delà de la remontée au classement, vous avez aussi imposé votre griffe à Bruges.

Quand je suis arrivé, la direction m’a demandé d’instaurer un fond de jeu, c’est-à-dire créer des automatismes de base, des situations où les joueurs savent quoi faire. La direction voulait que je crée cela dans l’esprit Bruges. Dominant. Ce n’est pas encore parfait mais j’ai vu souvent cela. On n’a peut-être pas marqué contre le Standard et Anderlecht dans les playoffs, mais on s’est créé des occasions franches. Ce n’est pas un hasard.

Avec un buteur, Bruges serait devant ?

On ne se repose pas sur un buteur. Le danger vient de partout. Et les joueurs qui ont raté les occasions dans ces matches ont marqué à d’autres occasions. Cela se joue souvent à pas grand-chose. Mais c’est vrai qu’on doit apprendre à forcer la réussite.

Face à Anderlecht, c’était l’inverse, une latte de Lestienne, un own goal de Meunier…

La saison passée, Lestienne a eu une partie de saison extraordinaire. Du coup, son statut a changé. On attend plus de lui, ses adversaires se méfient plus de lui… Il faut savoir gérer cela. C’est une évolution qu’il doit surpasser et il doit encore beaucoup évoluer, mais ses stats ne sont pas non plus si éloignées de celles de la saison passée… Quant à Meunier, c’est un garçon équilibré qui sait gérer. D’autant qu’il n’a pas fait de faute de positionnement. J’aurais été plus fâché s’il n’avait pas été là. Ici, c’est un manque de réussite. Cela arrive et, malheureusement, cela décide du score.

Et du coup vous êtes obligés de gagner au Standard.

Je ne sais pas aujourd’hui si on est obligé de prendre les trois points à Sclessin. Mais c’est clair qu’à un moment, il faut gagner. On avait pris la tête au bon moment. Mais on a pris un coup en perdant contre Anderlecht. Surtout que c’est arrivé en toute fin de match. Mais il faut rester les pieds sur terre. Il ne faut pas être au-dessus, ni en dessous.

Aura-t-on un petit champion ?

Je combats totalement cette idée. C’est typiquement belge : si on est champion avec quinze points d’avance, les autres étaient mauvais, si c’est serré, c’est un petit champion. Le club qui finira champion aura mérité son titre.

Même Anderlecht et son record de défaites ?

Mais oui. C’est le système qui veut cela. Cela permet un passage à vide. Certains coureurs cyclistes démarrent en trombe et se font rattraper. D’autres commencent doucement en finissent en force. Qui mérite de gagner ? Celui qui franchit la ligne en premier, point.