Quand Bruges défie le roi européen

MICHEL DUBOIS Publié le - Mis à jour le

Football

ENTRETIEN

ENVOYÉ SPÉCIAL À MILAN

Olivier De Cock, quelle impression ressent un footballeur ambitieux quand il se prépare à affronter le champion d'Europe?

Il exulte à la perspective de concrétiser un rêve. Le Barça, la saison dernière, c'était déjà formidable. Mais Milan, c'est encore une pointure au-dessus. C'est le top du top à l'instar de Manchester United et du Real Madrid. C'est une pléiade de noms qui envoûtent. Quand je serai grand-père, je pourrai raconter à mes petits-enfants que j'ai disputé de telles rencontres.

Le Milan de Van Basten et consorts suscitait l'admiration des anciens. Celui d'aujourd'hui fait-il autant rêver la jeune génération?

Peut-être pas. La magie n'est plus tout à fait la même. Mais ses vedettes restent... de vraies stars. Nesta, Maldini, Inzaghi, Shevchenko émargent à cette catégorie.

Les deux premiers cités sont des modèles de défenseur: ils sont si forts dans l'interception! Moi, je peux les regarder jouer, décortiquer leur jeu à l'envi, m'efforcer de leur ressembler, je sais que je ne pourrai jamais les imiter. Ces deux-là, je les classe dans mon top 5 avec Stam, Ferdinand et Roberto Carlos.

Après deux matches, Bruges n'a grappillé qu'un point. Ne traîne-t-il pas des regrets?

Oh que oui! J'aimerais beaucoup que Mendoza n'ait pas été exclu contre Vigo et que nous puissions rejouer ce match avec la détermination que nous avions affichée en seconde période. À l'Ajax, nous avons bien joué une heure durant. Hélas! nous nous étions d'abord laissé piéger deux fois par Sonck. Un point sur six, ce n'est pas assez. C'était déjà le cas la saison dernière avant notre déplacement à Galatasaray. Si nous nous étions inclinés en Turquie, la Ligue des Champions eut sans doute été terminée pour nous. Nous avons préservé le nul blanc à Istanbul et mieux négocié les matches retour. Un résultat analogue à Milan pourrait engendrer les mêmes heureuses conséquences.

Est-il envisageable?

Oui... si nous bénéficions d'une conjonction de facteurs favorables. Nous devrons nous découvrir collectivement dans un très grand soir, défendre à... onze en restant toujours bien organisés, nous efforcer de reconstruire en jouant au football, bénéficier de ce petit brin de chance qui nous a manqué lors des deux matches précédents et concrétiser la moindre occasion. A-t-on peur au coup d'envoi d'un tel match?

On risque de se sentir impressionnés. Par l'immensité du stade, par l'ambiance, par la valeur des adversaires. Mais on n'a pas peur. On se sent hyperconcentré pour profiter au maximum de ces instants d'exception. On n'a qu'une envie: se transcender pour se hisser à la hauteur de l'événement.

© Les Sports 2003

MICHEL DUBOIS

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