Rednic: «Du 60-40 pour les Belges...»

CHRISTOPHE BERTI Publié le - Mis à jour le

Football

ENTRETIEN

Chez nous, on a gardé de lui l'image d'un gentleman des terrains, qu'il a forgée sur les pelouses de l'élite, au Standard puis à Saint-Trond, de 1991 à 1997. En Roumanie, il est devenu un héros pour les supporters du Rapid, puisqu'il leur a offert, en mai dernier, le 3e titre de l'histoire du club, resté longtemps dans l'ombre de Steaua et du Dinamo. Aujourd'hui, on attend de lui qu'il crée l'exploit contre Anderlecht. Mircea Rednic a étudié son adversaire avec beaucoup d'application.

Mircea, Anderlecht n'a plus de secret pour vous?

Disons que je sais beaucoup de choses du Sporting. Je l'ai vu à l'oeuvre à Roosendaal et j'ai visionné beaucoup de cassettes, de tous les matchs du deuxième tour du championnat passé. C'était plutôt impressionnant...

Pour vous, un match contre une équipe belge c'est un peu un signe du destin.

J'ai passé de très belles années chez vous et j'ai gardé une maison dans la région liégeoise. Mais jusqu'à présent, Anderlecht a toujours été ma bête noire. Les Bruxellois m'ont privé d'un titre et je pense que je n'ai connu que des défaites et un match nul contre eux... Ils m'ont fait souffrir, mais j'étais alors joueur. Maintenant que je suis entraîneur, j'espère évidemment ouvrir un autre cycle!

Que craignez-vous le plus chez les Bruxellois?

Avant tout... leur expérience des grands rendez-vous. Anderlecht, c'est une équipe où Broos a trouvé une bonne organisation depuis quelques mois, avec trois individualités au-dessus du lot: Baseggio, Jestrovic et Aruna. Mais c'est surtout une équipe capable de gérer ses matchs européens alors que c'est ce qui fait défaut dans mon groupe. Je dispose de beaucoup de talent, mais mes jeunes manquent de planches. Avec huit joueurs de moins de 23 ans, il n'y a pas de miracle.

La saison passée, vous avez réalisé le double championnat-coupe à la surprise générale. Mais depuis la reprise, vous semblez moins forts. Une fausse impression?

Ne vous faites aucune illusion, le Rapid sera à la hauteur de l'événement demain soir. Nous avons perdu Rat, un excellent défenseur qui a gagné chez nous ses galons d'international, et Sabau, un monument en Roumanie, mais je garde un groupe de qualité. Et on vient de refuser une offre énorme de Turquie pour Bratu, notre attaquant vedette. Son transfert aurait été une affaire financière incroyable pour le club, mais le président a privilégié l'aspect sportif, ce qui prouve notre ambition. Pour le reste, le stage en Suisse, je l'ai considéré comme un entraînement. On a perdu nos premières rencontres amicales, mais on a terminé en force avec un match nul contre Bâle, qui a réalisé un gros parcours en Ligue des Champions la saison passée. Je suis convaincu d'une chose: nous sommes prêts pour recevoir Anderlecht avec tous les honneurs...

Parlez-nous de Manu Godfroid, meilleur joueur du club la saison passée.

Manu est un joueur magnifique. Il a trouvé chez nous une équipe idéale pour s'exprimer au mieux. Il a apporté le caractère et la rigueur belges et il est devenu le métronome de l'équipe et un exemple pour ses équipiers.

Quel Anderlecht attendez-vous demain soir?

J'ai entendu que Broos hésite entre la prudence et l'audace. Je suis certain qu'il présentera une équipe solide, sur les bases de la saison passée. Si vous me demandez un pronostic, je pense que c'est 60-40 pour les Belges.

© Les Sports 2003

CHRISTOPHE BERTI

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