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Fils adoptif du Standard, Mircea Rednic est le dernier entraîneur en date à avoir propulsé la formation de son cœur en Coupe d’Europe au terme d’un double test-match l’ayant opposé à La Gantoise, le club qui l’a investi de la mission de le ramener, lui aussi, sur la scène européenne. Ce dimanche, Mircea Rednic va défier, déjà, ses anciens joueurs devenus ses adversaires dans une rencontre pour lui pas comme les autres…

Mircea, avec quel sentiment allez-vous retrouver le Standard ?  

"Avec plaisir. J’ai travaillé un an à Sclessin et j’y ai réalisé de la belle ouvrage. J’y ai connu, aussi, une belle réussite. Je crois avoir laissé à Liège une bonne impression à tout le monde. J’y suis toujours apprécié. Cela compte beaucoup pour moi. J’avoue même que, si ces retrouvailles s’opèrent un peu vite à mon gré, j’aurais préféré disputer ce premier match à Sclessin, pour l’ambiance incomparable que ce stade génère. Je suis certain que j’y aurais été bien accueilli. Le reste, c’est du passé." 

A qui aimeriez-vous serrer la main ?  

"A tout le monde. Oui, même à M. Duchâtelet. J’ai une bonne éducation, je respecte les gens. Je ne vais pas éviter le président du Standard. Je ne le chercherai pas, toutefois. Mais je suis persuadé qu’il ne viendra pas me saluer. M. Duchâtelet est un type froid. Il n’a pas de sentiment."  

Vous avez affirmé, dans une autre interview, qu’il n’avait pas respecté votre travail ?  

"Oui, et je m’explique volontiers. Je dois d’abord remercier, sincèrement, M. Duchâtelet de m’avoir donné la chance de réaliser mon rêve de coach : entraîner le Standard, mon club. Les joueurs et moi avons réalisé des performances. Nous sommes passés de la 11e à la 4e place du classement. A quatre journées de la fin, nous nous étions rapprochés à deux unités d’Anderlecht. Nous nous sommes qualifiés pour la Coupe d’Europe. Pour M. Duchâtelet, ce n’était pas suffisant. L’ Europa League ne l’intéresse pas. Notre qualification ne l’a pas enthousiasmé. Pour lui, seule compte la Ligue des Champions : il n’aime que les patates ! Deux journées avant la fin des playoffs, j’ai senti que, pour moi, le vent tournait. J’ai confié à ma femme que mon contrat n’allait sans doute pas être prolongé. C’était son droit de président de ne pas me garder. C’est son argent, c’est lui qui dirige. Mais sa manière de me congédier aurait pu être plus élégante. Au soir de notre succès par 7-0 contre La Gantoise, le président m’est apparu un peu perdu. Je m’attendais, naïvement, à ce qu’il me félicitât. Qu’il louât, par exemple, ma décision d’avoir extirpé Batshuayi des oubliettes et de l’avoir aidé à hisser sa valeur marchande à plusieurs millions d’euros. Ou d’avoir aidé Mpoku à éclore. Ou encore d’avoir relancé Van Damme en l’installant à sa meilleure place. Si le président avait sacrifié à cette délicatesse, j’aurais accepté qu’il me dise : "Tu as fait du bon travail mais je pense que tu n’es pas assez bon pour satisfaire mes ambitions" Au lieu de cela, il m’a demandé la signification de l’accent sur le nom de Tucudean et a évoqué, de nouveau, l’erreur que j’avais commise avec Cristea à Anderlecht. J’ai compris alors qu’il voulait un autre entraîneur. C’est dommage qu’il n’ait pas souhaité poursuivre avec moi. J’espère, pour lui, qu’il n’aura pas à le regretter."

N’aviez-vous déjà pas, déjà, déploré un premier incident avec le président dès votre engagement au Standard ?  

"Si. Le premier jour, il m’a dit que, comme je ne connaissais pas encore l’équipe, il l’avait composée pour moi. J’ai déchiré le papier sur lequel il avait couché les noms. Mais j’avais eu le temps de lire qu’il n’avait prévu qu’un seul attaquant. Il ne croyait pas que moi, le partisan du 4-4-2, j’avais aller affronter Genk au Limbourg avec deux avants. C’est pourtant ce que nous avons fait. Et nous avons gagné…"  

Le Standard est-il un chapitre clos pour vous ?  

"Pas du tout ! J’affirme que je reviendrai un jour au Standard. Je suis un homme de parole. Je reviendrai… mais sous la direction d’un autre président."