Football

Visiblement, Daniel Renders, l'entraîneur adjoint d'Anderlecht, était très heureux de replonger dans un passé vieux de plus de vingt ans mais encore tellement frais dans sa mémoire.

Le sujet "Bölöni" l'a vraiment branché, sans devoir aborder le "clasico" de demain ! "Je vais peut-être vous étonner mais je fais partie des personnes qui ont pris sa défense à l'égard de ceux qui émettaient des doutes au moment de sa désignation comme entraîneur du Standard !"

Quels souvenirs gardez-vous de cette fameuse campagne au Racing Jet Bruxelles ?

Sportivement, on était condamné d'avance suite au départ de notre buteur, Jan Goeyvaerts, qui ne fut pas remplacé et les problèmes financiers qui minaient le club à l'époque. Malgré cela, on a accueilli Laszlo Bölöni et le Tchèque Janecka au début de l'hiver. Je me souviens du jour où il débarqua à Zaventem. J'avais été chercher le Roumain avec Raymond Goethals qui le subjugua en lui donnant une leçon tactique. Au terme de la saison, on a été relégué et Laszlo nous a encore accompagnés une demi-saison en D2 à Wavre.

Pour un tout jeune entraîneur à l'époque, était-il évident de diriger une grande star comme Laszlo Bölöni ?

J'avoue avoir eu pas mal de craintes lorsque les dirigeants m'ont annoncé son arrivée. Allait-il s'adapter à l'équipe et à un jeune entraîneur comme moi ? Tout s'est passé de façon formidable. Pas à cause de mon emprise ou à ma façon de le diriger mais bien de son attitude vis-à-vis du contexte et du groupe. En homme super intelligent, il eut vite fait de cerner les problèmes et s'est mis au diapason du groupe. Il s'érigea en exemple à suivre et encadra les jeunes de manière exemplaire. Un exemple ? Il se chargeait lui-même des basses besognes (lavage des ballons) ou avait encore une façon bien propre de s'échauffer.

Roumain et ayant encore grandi sous le régime communiste, il a un caractère d'apparence fort mais aussi renfermé et une communication parfois peu évidente. Cela cache-t-il un côté timide ou introverti ?

Non. C'est un Slave et ils affichent tous ce côté réservé. Une fois qu'il a établi une relation de confiance basée sur la correction et l'honnêteté, il s'ouvre naturellement et devient plus communicatif. Il est de ceux qui préfèrent posséder dix véritables amis que cent copains. Voici quelques années, j'avais accompagné Herman Van Holsbeeck à Rennes pour suivre un match contre Saint-Etienne. Tard dans la soirée, Laszlo nous avait rejoints en ville et nous avions passé une partie de la nuit à converser.

Qui est-il réellement sur le plan humain ?

Un gentleman, la classe à l'état pur. Un homme parfait au niveau familial. Sur le plan humain, je le placerai sur mon podium personnel de ma petite quinzaine d'années au niveau national. C'est un gars droit qui suit un idéal qu'il s'est défini.

Comment expliquez-vous que vous êtes restés en contact ?

C'est l'une de mes grandes satisfactions. J'ai gagné le respect de plusieurs personnalités du ballon rond au palmarès impressionnant. Avec Laszlo, le respect est mutuel.

Aimeriez-vous, un jour, travailler sous sa direction ?

Oui, sans aucun doute ! Plus jeune, j'étais un fan de Franky Vercauteren et j'ai eu le bonheur de travailler en sa compagnie. Il en va de même avec Ariël Jacobs, sans oublier ma collaboration avec Raymond Goethals. Laszlo est le dernier d'une superbe galerie avec qui je souhaiterai collaborer un jour. Lui aussi, je pense...