Football Portrait

Si le Standard a connu de grands entraîneurs, comme Kalocsai, Kessler, Happel, Pavic, Waseige ou Preud’homme, les deux coaches qui ont amené les Rouches au sommet, ce sont bien Raymond Goethals (deux titres et une finale européenne) et René Hauss, qui réussit l’exploit (à ce jour inégalé) d’offrir trois titres consécutifs aux Liégeois, ainsi que deux finales de Coupe de Belgique.

Pourtant, quand, en 1968, il arriva à Sclessin, pour succéder à Michel Pavic, qui n’était pas n’importe qui, il n’avait pas de palmarès en tant qu’entraîneur. Joueur d’un seul club, le Racing de Strasbourg, pour lequel il disputa plus de 500 matches en quinze saisons, il n’avait même pas été entraîneur une année entière, toujours à Strasbourg, lorsque Roger Petit prit le risque de faire appel à lui.

Tout de suite, cependant, la sauce prit entre Hauss et le club de Sclessin avait lequel il partageait la même mentalité. On l’appelait "le chef", un titre qui lui convenait parfaitement.

Dès sa première saison en bord de Meuse, cette très forte personnalité avait imposé sa marque et le succès fut immédiatement au rendez-vous.

En compétition européenne, le Standard de Hauss atteignit deux fois la finale de la Coupe des Champions, éliminé par Leeds (1970) et par l’Inter (1972).

René Hauss fut, aussi, l’auteur d’un incident qui avait défrayé la chronique à l’époque, mais qui ferait sourire aujourd’hui : à l’Antwerp, il fit monter au jeu, pendant quelques minutes, un quatrième étranger (Petrovic après Kostedde, Takac et Cvetler). Quelques secondes plus tard, il se rendit compte de son erreur et fit sortir Takac pour Henrotay, mais le mal était fait. Le Standard perdit le match par forfait alors qu’il avait gagné 0-2 sur le terrain ! L’avocat du club, Emile Jeunehomme, avait plaidé la libre circulation européenne, mais ce n’était pas encore de mise à l’époque !

Après le Standard, René Hauss devint manager général du FC Sochaux pendant douze ans, avant de participer, toujours comme manager général, à l’entreprise avortée de Lagardère de créer un second grand club à Paris, le Matra Racing.

René Hauss est décédé, hier, à 82 ans, dans sa ville de Strasbourg. Il y était né le jour de Noël 1927 et fut un véritable père Noël pour le Standard. Sa succession fut difficile puisque pas moins de six coaches furent engagés en trois ans !