Football

ENVOYÉ SPÉCIAL À PORTIMAO

Qui est Reto Stiffler? En Belgique, beaucoup se posent cette question. Il faut dire que les sorties médiatiques sont rares dans le chef du président du Standard.

«Je suis les yeux de Robert Louis-Dreyfus au Standard », lâche le Suisse allemand de 67 ans. «Il a des relations et moi je regarde où il peut les faire intervenir dans l'intérêt du club. Je ne m'occupe pas de la gestion quotidienne à Sclessin. C'est impossible en étant à Davos. Pour diriger, il faut être sur place. C'est pour cela que Luciano D'Onofrio a été nommé vice-président. Il fait comme les autres présidents en Belgique.»

En Suisse, Reto Stiffler est le patron du Club Hotel. «J'ai toujours été dans l'hôtellerie. Plus jeune, j'ai opté pour l'école hôtelière de Lausanne et les stages à travers le monde plutôt que d'intégrer l'équipe première de Davos... en hockey sur glace. Je n'ai jamais joué au foot mais la mentalité est la même: il faut penser à l'équipe et s'entraîner dur pour réussir.»

Pas un grand connaisseur

De son propre aveu, Reto Stiffler n'est donc pas un grand connaisseur en football: «Je ne conseille pas le club au niveau des transferts car cela ne servirait pas les intérêts du Standard... à moins que l'objectif soit de descendre en D 2, rigole le président. Je laisse cela à d'autres personnes plus compétentes.» Dont Luciano D'Onofrio. «Le Standard a de la chance de l'avoir: avec ses connaissances et ses relations, il sait attirer de grands joueurs. Et former une équipe. C'est important: il y a assez d'exemples qui ont montré que l'argent ne suffit pas pour être champion.»

Si cela n'a pas encore ramené le titre à Sclessin, cette année semble pouvoir être la bonne. «En général, notre 2e tour est meilleur que le premier», note Reto Stiffler qui a assisté à pratiquement tous les matches à domicile cette saison. «La saison passée, nous avons été la meilleure équipe après la trêve. Répétons cela, et tout ira bien... Nous avons encore été la meilleure équipe du premier tour mais, malheureusement, ce n'est pas l'année civile qui compte. Cela démontre une certaine constance. Nous travaillons dans la continuité.»

A son arrivée au Standard, en octobre 2000, en provenance de Marseille, Reto Stiffler s'était fixé comme objectif de faire revivre le Standard de la grande époque: «Nous pensions y arriver plus rapidement. En 3 ans. Or cela fait déjà 5 ans. Nous avons accroché deux fois la Coupe UEFA et, la saison passée, nous l'avons ratée bêtement.»

Cette saison, c'est la qualification directe en Ligue des Champions qui est à portée de main: «Pour l'instant, le Standard n'a pas besoin de la Ligue des Champions pour survivre financièrement. Notre budget est en équilibre. Mais la «C 1 » rapporte de l'argent: cela ouvre des perspectives... Mais je n'aime pas évoquer le titre: j'aime mieux être champion qu'en parler...»

© Les Sports 2006