Football Gagnant tactique, Roberto Martinez a même été applaudi en conférence de presse

Il est arrivé en salle de presse, aux côtés de Kevin De Bruyne, symbole de l’application de son plan. On n’a pourtant pas senti Roberto Martinez triomphant. Heureux, oui, mais pas euphorique. Même quand il a été applaudi par plusieurs journalistes, en fin de conférence de presse...

Roberto Martinez, d’abord, nous tenons à vous féliciter et à vous remercier. Quelles émotions avez-vous ressenties dans ce match historique?

"Cela a été difficile de rester calme durant les cinq dernières minutes. Mais j’ai surtout été fier. Il y a eu plusieurs moments forts. Le premier a eu lieu dans le tunnel des vestiaires : j’ai vu dans leur regard qu’ils y croyaient. Le deuxième moment important, c’était après le but encaissé. Les joueurs n’ont pas paniqué. Et en trois : j’ai vu les hommes derrière les footballeurs. En sélection, c’est plus dur qu’en club. Aujourd’hui, c’est ce qui s’est passé. J’ai vu des hommes. Ils tiennent à l’équipe nationale. Cette génération est spéciale et j’espère que tout le monde le voir."

Quelle était votre idée tactique ?

"Contre le Brésil, il faut prendre un avantage tactique. Il ne faut pas juste espérer que tu vas débarquer sur le terrain comme ça et gagner. Face au Brésil, il y a une barrière psychologique. On devait être courageux tactiquement. Les joueurs devaient y croire et c’était un gros pari. L’exécution a été très bonne. L’équipe a été compacte, on a bien contré les mouvements et les un contre un. Tout en se montrant très menaçants. Eden et Romelu dans ce rôle-là, c’était courageux. Pendant un moment, le Brésil n’a pas su gérer. Il y aussi la mentalité, au-delà de la tactique : la façon dont ils y on cru, c’était incroyable. C’était un match de coeur, de foi."

Etait-ce mieux de ne pas avoir la possession ?

"C’est d’abord une question d’implication tactique. Depuis le premier jour, on a été flexible. Kevin, par exemple était par exemple préparé à jouer plus haut. "

Comment avez-vous eu l’idée de ce plan tactique ?

"Elle est arrivée en voyant jouer le Brésil, une équipe qui va contester ta possession. Or, on aime avoir la balle. Contre le Brésil, il fallait donc notamment densifier l’entrejeu. En 13 ans de coaching, j’ai connu ce genre de situation. Mais encore faut-il que le plan soit bien exécuté. Après, le match n’a pas été décidé sur des erreurs individuelles ou sur une décision de l’arbitre. C’était un tout. Ce qui compte, c’est qu’on posé un vrai challenge au Brésil, qui était la meilleure équipe du tournoi. On a mérité cette qualification"

L’issue a donc été différente du Brésil-Belgique de 2002. Et cette fois-là, le vainqueur avait été champion du monde...

"J’ai rencontré récemment Felipao: il m’a dit que c’était le match le plus difficile de leur tournoi en 2002. Marc Wilmots avait marqué un but valide... Mais cela s’était joué sur une question de mentalité: le Brésil avait mérité sa qualification. Ici, pour nous, quoiqu’il arrive, battre le Brésil, c’était LE match de notre Coupe du Monde."