Football Ceux qui étaient devant leur poste de télévision pour regarder Naples-Arsenal mercredi dernier ont pu s'en rendre compte: les tifosi du Napoli savent donner de la voix dans les tribunes du San Paolo. Mais une fois hors du stade, ils mènent parfois la vie dure à leurs propres joueurs. Cavani, Hamsik, Lavezzi, Aronica ou Behrami: depuis 2011, la liste de joueurs ayant été victimes de vols à l'ombre du Vésuve est aussi impressionnante que les techniques utilisées par les malfaiteurs.

Victime d'un larcin en décembre 2012, Valon Behrami - qui a de son propre aveu "une excellente mémoire photographique" a reconnu son agresseur et a permis de faire progresser une enquête qui piétinait. La justice italienne a interrogé un certain Raffaele Guerriero, et est à présent sur une piste des plus sordides: ces vols à répétition seraient organisés par des groupes de supporters du Napoli. Des ultras soutenus par la mafia napolitaine - la fameuse Camorra - qui useraient de ces curieuses méthodes pour punir les joueurs qui refusent de participer aux événements organisés par les tifosi hors de l'autorité du club.

Rolex, car-jackings et Ballon d'Or

Behrami est donc le dernier en date à avoir été victime de ces "expéditions punitives". C'est le 20 décembre 2012 que le joueur suisse, qui était tranquillement installé au volant de sa voiture, a été approché par un scooter sur lequel se trouvaient deux hommes armés. Sous la menace, le milieu de terrain a remis sa Rolex à ses agresseurs. L'histoire s'est finalement bien terminée, puisque la montre a été restituée à Castelvolturno, centre d'entrainement des nouveaux équipiers de Dries Mertens.

Les Rolex, c'est décidément le péché mignon des voleurs napolitains. Maria Soledad, compagne du Matador Edinson Cavani, en avait déjà fait l'amère expérience en 2011, quand sa montre à 18.000 euros lui avait été dérobée en pleine rue. La compagne d'Ezequiel Lavezzi avait connu la même mésaventure, tout comme Marek Hamsik, qui avait récupéré sa précieuse Rolex après avoir étalé sa déception devant les tifosi.

Madame Hamsik a également eu son lot de péripéties avec les Partenopei, puisqu'en plus de cambriolages répétés au domicile du couple slovaque, elle a été victime d'un car-jacking en pleine ville, quand un homme l'a éjectée de sa BMW X6 sous la menace d'une arme alors qu'elle était enceinte.

Naples n'épargne donc personne, même pas son idole. Remontée dans le temps, jusqu'en 1986, quand Diego Maradona revient en Italie avec le Ballon d'Or qui sacrait alors le meilleur joueur de la Coupe du Monde. Le précieux trophée est entreposé dans le coffre-fort d'une banque, mais sera quand même volé. Et contrairement aux autres larcins, le butin n'a jamais été restitué au Pibe de Oro.