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Débarqué tout droit du Costa Rica, Bryan Ruiz arrive à La Gantoise lors de l’été 2006. Inconnu au bataillon, il n’affole pas directement les analystes. "Il lui fallait un temps d’adaptation", lâche Fred Herpoel, qui défendait les buts gantois à l’époque. "C’est plutôt l’autre Costaricien, Azofeifa, qui se fait remarquer."

Volume de jeu, technique…

Avec Alin Stoica comme concurrent et un fort décalage culturel, Ruiz patauge un peu sans pour autant perdre confiance. "On voyait qu’il était doué, poursuit Herpoel. Il devait davantage travailler défensivement et il manquait de percussion dans les duels. Mais balle aux pieds, il était au-dessus du lot."

Après une année moyenne, il explose aux yeux de tous. Durant deux saisons, il survole la Pro League et l’éclabousse de sa classe. "Je l’ai eu sous mes ordres lors de sa dernière saison chez les Buffalos", explique Manu Ferrera, son ancien entraîneur adjoint. "Je ne peux que faire son éloge. C’était le meilleur, à tel point que, selon moi, il aurait mérité un Soulier d’or. Nous n’avions déjà plus rien à lui apprendre tant il était complet. On parle de sa technique et de sa taille mais on oublie trop souvent son énorme volume de jeu. Le gars était là à tous les entraînements et n’était que rarement blessé."

Pas de pied droit

Il possède tout de même un défaut particulier des gauchers : son pied droit. "Il ne lui servait qu’à monter dans le bus", plaisante Herpoel. Manu Ferrera le défend quelque peu : "Les gens disent ça pour chercher la petite bête. Même Messi ou Robben n’ont pas un grand pied droit."

En Belgique, il a marqué les esprits par son talent mais également par son caractère. "C’est une personne sensible et très bien éduquée", explique son agent et ami René Vijt. "Il ne provoque jamais quelqu’un. Timide ? Non, pas du tout. Je dirais plutôt discret car il est assez sympathique. Il possède beaucoup d’esprit et peut se montrer très taquin et blagueur."

Ce que confirme Ferrera : "Ce qui m’a choqué chez lui est le fait qu’il ne se plaint jamais de rien. C’est peut-être le seul que j’ai connu. C’est vraiment une personne formidable."

Avenir dans un grand club

Malheureusement , Bryan Ruiz n’a pas connu que des saisons pleines. "A Twente, il a cartonné" , commente Vijt . "Il était bien entouré, dans une équipe sur une pente ascendante."

Son passage à Fulham fut donc assez naturel même s’il s’est soldé par un échec. Blessé au genou, il a connu une première saison compliquée. "Il a besoin de recevoir de bons ballons et d’avoir des coéquipiers sur qui se reposer", poursuit son agent. "Je pense qu’il n’est pas le problème principal mais l’équipe était dans une mauvaise passe."

Son futur s’éclaircit toutefois grâce à sa Coupe du monde. Son agent tempère et veut attendre août. Les observateurs, eux, l’imaginent déjà dans de grands clubs européens.Romain Van der Pluym