Football

Le Comité d'appel de l'Union belge s'est réuni vendredi suite au recours introduit par Axel Witsel et le Standard. Il a décidé de réduire la sanction du Comité sportif : au lieu d'une suspension effective jusqu'au 23 novembre (soit onze matches), le médian a écopé de huit journées. Le CA a ramené l'amende de 2 500 € à 250 € et ne transmettra pas le dossier à la Fifa et à l'UEFA. Durant les débats, le parquet a demandé au CA de confirmer la suspension du CS, estimant qu'il fallait faire un exemple après une faute à ses yeux volontaire.

Pour la défense du joueur, Pierre François a d'abord rappelé que l'arbitre, Jérôme Efong Nzolo, avait parlé d'une "très grossière faute". Il a surtout insisté sur le caractère involontaire de celle-ci. "Il y a une différence entre fait de jeu, faute volontaire et faute avec intention de blesser. Ces dernières sont rares. Les fautes volontaires sont trop nombreuses. Mais ici, Axel Witsel a joué le ballon. Il ne l'a pas touché car Marcin Wasilewski a été très rapide, plus rapide que lui." Pour étayer ses arguments, Pierre François a invoqué un élément neuf : il a déposé un rapport d'expert réalisé par le Dr Matagne sur base d'images télévisées. "Il a fait une analyse d'énergie cinétique tenant compte du mouvement et du gabarit des deux joueurs. Il a conclu qu'Axel Witsel n'avait l'intention ni de blesser ni de toucher son adversaire." Il a ensuite contesté plusieurs justifications du Comité Sportif : "Le joueur n'a pas sauté au-dessus du ballon. S'il a fermé les yeux, c'est parce qu'il s'est rendu compte, au dernier dixième de seconde, qu'il n'allait pas toucher le ballon. Le criminel garde les yeux ouverts pour ne pas rater sa cible... Axel a toujours eu un comportement exemplaire sur et en dehors du terrain et il ne faut jamais le rappeler à l'ordre."

Le directeur général du Standard a terminé en évoquant la durée et la nature de la peine : "Evacuons la Fifa, qui pour moi traduit un acharnement. L'amende ? Je vous laisse décider. La durée de la suspension ? Dans les dossiers de fracture, et je veux bien qu'on soit plus sévère, on voit des exemples de deux, trois ou quatre journées. Les instances rappellent chaque fois qu'il faut juger la faute et pas l'importance de la blessure. Mais il faut respecter la victime et travailler à l'apaisement général." Il aura partiellement été écouté.

© La Libre Belgique 2009