Football

Le Football Club Bruges vient, brusquement, de solder les années Sollied après que son équipe a lentement laissé s'étioler son âme. Lui qui marquait sa différence en se flattant de demeurer le seul club de l'élite à n'avoir jamais remercié un entraîneur au cours des vingt dernières saisons, il s'est soudain banalisé en renvoyant, sans pitié et avec un empressement fébrile qu'ont nourri son classement de plus en plus précaire, sa peur devenue panique de manquer l'Europe et l'indéniable délitement de son fond de jeu, sa plus noble icône et le plus discret de ses fidèles serviteurs. Les dirigeants brugeois avaient espéré qu'en intronisant, comme membres du staff technique, un quatuor de fils de la famille, l'évolution entre les méthodes du Norvégien, qui avaient fini par lasser jusqu'à ses plus fervents soutiens, et celles, plus policées, de Jan Ceulemans allait s'opérer en douceur tout en portant ses fruits. La greffe n'a jamais pris. C'était, sans doute, prévisible. Pour le «Caje», peu roué à gérer des vedettes, la transition était trop nette entre un petit club et un ténor. Jan Ceulemans n'est pas seul coupable. C'est le premier - gros - échec du duo Michel D'Hooghe - Marc Degryse dont les derniers transferts n'ont pas non plus répondu à l'attente. Le nouveau parachutage d'Emilio Ferrera constitue une surprise. Le Bruxellois aspirait à oeuvrer, enfin, dans un grand club. Il est servi. Mais il est invité à y faire ses preuves... tout de suite. Sorry, Jan...

© Les Sports 2006