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Dans un communiqué publié ce vendredi matin, le Sporting d'Anderlecht annonce que son Conseil d'administration s'est penché sur le projet de stade national et en a conclu que le dossier "n'était plus conciliable" avec la vision du club quant au "développement à long terme". Le RSCA souligne néanmoins que "le club va continuer de travailler afin de disposer d'installations modernes dans lesquelles les supporters pourront encourager leur équipe favorite dans les meilleures conditions".

Cela signifie-t-il que le RSCA se retire du projet de stade national ? Le flou subsiste et il serait prématuré de l'annoncer. Il s'agit néanmoins d'un fameux avertissement. Pourtant, en juin, la Ville de Bruxelles, Ghelamco-BAM (le candidat privilégié par elle pour négocier les conditions de construction et d'exploitation d'un nouveau stade national sur le site du parking C à l'arrière du plateau du Heysel), et le RSC Anderlecht étaient parvenus à un accord sur ce dossier.

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Un problème de loyer ?

Le montant de la location du stade par Anderlecht n'a jamais été divulgué. Serait-ce le nœud du problème ? Rien ne l'indique actuellement. Cependant, lors de sa conférence de presse d'avant-saison, le RSCA, qui devait en théorie quitter le parc Astrid à partir de la saison 2019-2020, précisait qu'il allait payer "le loyer le plus cher d'Europe". A l'époque, le président Roger Vanden Stock avait expliqué qu'il souhaitait recevoir des garanties du constructeur BAM/Ghelamco. "Nous voulons savoir ce que nous aurons pour notre argent. Notre intention est de pouvoir jouer à l'Eurostadion, mais pas à n'importe quel prix. "

Pour rappel, afin que ce projet soit rentable, le constructeur a besoin d’un locataire fixe, et le RSCA est le seul club belge de football à pouvoir offrir cette garantie. Ce qui lui donne aussi une position de force dans les négociations…

Résultat, début juin, le Sporting avait déjà mis un coup de pression en laissant entendre une rupture nette des négociations. Une information qui avait rapidement été démentie par les deux parties concernées. "Cette information est à 100 % fausse, avait expliqué Paul Gheysens, le patron de Ghemlaco. Il ajoutait : "C’est parfois compliqué, mais c’est normal car c’est un très grand projet. Mais je suis convaincu qu’Anderlecht deviendra locataire de ce futur stade."

L'ombre du Memorial Van Damme

Autre élément de ce dossier : début septembre, il se murmurait que le stade Roi Baudouin n'allait finalement pas disparaître. "Lentement, un courant de plus en plus positif commence à se faire sentir", avait souligné, Wilfried Meert, organisateur du Memorial Van Damme, dont la survie est toujours en suspens. M. Meert se montrait de plus en plus confiant quant au fait que le stade Roi Baudouin pourrait être rénové (sa capacité devant sans doute être ramenée à 35.000 places), modernisé plutôt que détruit.


L'Union belge de football en appelle à la responsabilité de toutes les parties

L'institution appelle chaque partie impliquée dans le dossier du stade national à prendre ses responsabilités afin d'aboutir à une nouvelle solution. Appelée à être l'autre locataire permanent du futur complexe, l'Union belge dit avoir pris connaissance de la nouvelle décision du club anderlechtois et reconnaît, par la bouche de son président, François De Keersmaecker, qu'il s'agit d'une mauvaise nouvelle dans la perspective de la candidature belge en tant que pays hôte pour l'Euro 2020.

"Nous présumons que chaque partie impliquée assumera sa responsabilité afin d'aboutir à une nouvelle solution", précise le président.


René Collin : "Il est temps d'envisager de réhabiliter le stade Roi Baudouin"

Il est temps que les autorités bruxelloises réunissent les acteurs concernés afin d'examiner la réhabilitation du stade Roi Baudouin pour la tenue de grands événements sportifs et culturels, a affirmé vendredi le ministre des Sports en Fédération Wallonie-Bruxelles René Collin, après le rejet par le Sporting d'Anderlecht du projet actuel d'occupation du futur stade national, l'Eurostadium. Cet énième rebondissement s'ajoute à une série de difficultés apparues ces dernières semaines, notamment autour de l'avenir du Mémorial Van Damme d'athlétisme, du stockage des terres et du débat sur les conventions liant les autorités bruxelloises et les opérateurs retenus pour la construction du stade, fait observer M. Collin (cdH) dans un communiqué.

A ses yeux, ces différents éléments sont "de nature à fragiliser complètement la viabilité économique du projet". "Il avait été dit par le collège de la Ville de Bruxelles à de nombreuses reprises que ce projet ne nécessiterait pas d'argent public. L'absence d'un club résident démontre à nouveau qu'il n'en sera rien", ajoute M. Collin.


"La rénovation du Stade Roi Baudouin doit revenir à l'agenda"

"Maintenant qu'Anderlecht se retire du projet Eurostadium, je compte absolument sur le fait que la Ville de Bruxelles revienne sur sa décision de démolir le Stade Roi Baudouin", déclare vendredi le député bruxellois N-VA Johan Van den Driessche. 

"Je compte bien que la Ville prenne en compte le souhait de la population et des amateurs de sport de voir le budget revenir là où il appartient: le Stade Roi Baudouin. La Ville et la Région ne doivent pas perdre plus de temps et doivent mettre urgemment la rénovation du stade à l'agenda, de sorte que les matches de championnat d'Europe ne soient pas menacés", poursuit le député N-VA.

Le député critique aussi l'échevin des Sports Alain Courtois (MR). "Durant la conférence de presse du 20 juin, il a fait comme si l'accord avec Anderlecht était acquis. Au conseil communal du 7 septembre, il l'a répété mot pour mot. La population a été trompée", conclut le député.