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C’est finalement sans surprise que le parquet de Liège s’apprête à demander le renvoi de 33 personnes devant le tribunal correctionnel dans le cadre de ce que l’on a appelé le dossier D’Onofrio.

Pour rappel, voilà un peu plus de 8 ans que le dossier 24/04 a été mis à l’instruction par le parquet de Liège dans les mains du juge Philippe Richard.

Sept années d’enquête plus tard, en juin 2011, le magistrat liégeois a franchi un pas important en inculpant Lucien D’Onofrio, pour blanchiment d’argent, faux et usage de faux et ce dans le cadre d’une organisation criminelle. Des infractions graves qui, le cas échéant, pourraient conduite à une condamnation de 5 ans de prison. Quelques jours plus tard, il procédait à d’autres inculpations avant de clore son dossier (notamment dans le cadre du transfert d’Ivica Mornar).

En mettant évidemment en avant la présomption d’innocence, force est de constater que le dossier monté par Philippe Richard n’est pas mince. Le magistrat et/ou ses enquêteurs ont mené des dizaines de devoirs d’enquête et autres perquisitions, un peu partout dans le monde. Ces investigations ont, semble-t-il, permis de séparer le dossier en deux axes principaux : le blanchiment d’argent et le système des transferts. Le premier axe concerne essentiellement Lucien D’Onofrio, et ses activités d’agent de joueurs.

On le sait, le Liégeois est mondialement réputé et possède un impressionnant carnet d’adresses. De ce fait, il gère un portefeuille de transferts importants générant des sommes tout aussi impressionnantes. Le souci, pour les limiers liégeois, c’est que les flux d’argent relatifs à ces transferts échappent aux lois sociales et fiscales.

Prenons par exemple le cas du joueur Z. Talentueux milieu de terrain, il souhaite un net de X. Pour ce faire et que cela ne coûte pas trop cher au club qui va l’employer, le joueur ne recevra qu’un salaire "minimum" déclaré.

Le reste, soit la grosse partie de la somme à verser à ce joueur va passer par une série de sociétés implantées au Panama, au Liechtenstein, en Irlande, en Grande-Bretagne ou encore à Chypre, le tout orchestré par une dernière société basée à Lugano, en Suisse.

Comme il y a des entrées et des sorties, personne ne paie d’impôt. Le joueur, lui, reprend son argent, en fin de course, dans un pays bien moins taxé. Les intermédiaires, dont Lucien D’Onofrio, sont accusés de toucher leur commission au passage. Au final, seules les finances publiques sont lésées, ce qui augmente les impôts à payer par les autres citoyens.