«Un penalty qui coûte 100 millions»

Christophe Berti Publié le - Mis à jour le

Football

Un quart de frustration, un bon tiers de déception, une dose importante de fierté, un zeste de fatigue, vous secouez fort et vous obtenez l'atmosphère générale qui régnait, hier midi dans le vol SN 2644 qui ramenait la délégation anderlechtoise à Bruxelles. Du président à l'entraîneur-adjoint, l'ensemble des discours forme finalement une conclusion en demi-teinte du parcours plus qu'honorable d'Anderlecht.

Le président Roger Vanden Stock n'est pas revenu à Bruxelles, mais a pris la direction de Nyon, où il participait, à une réunion pour mettre au point la formule de la prochaine Coupe de l'Uefa, qui se jouera aussi, désormais, par poules. Mais avant son départ, il n'avait toujours pas avalé ce penalty généreusement accordé par Kim Milton Nielsen. «Si cet arbitre siffle un tel penalty contre le Bayern ou le Real, sa carrière est finie. Maintenant, au contraire, il est presque certain de participer à la Coupe du monde 2006... Une plainte? Nous sommes impuissants! Je vais en parler à l'Uefa mais, dans ce monde, nous n'avons aucune fonction importante. Je râle, parce qu'à Lyon comme à Munich, le penalty a clairement déterminé le résultat. La presse allemande, comme la presse française en septembre, nous donne raison. Or, ces pays ne manquent pas de chauvinisme. Ce penalty nous coûte 100 millions de francs belges.»

Le dernier voyage du manager Michel Verschueren aura été amer. Mais Mister Michel réagit de manière moins instinctive que son président. «Je ne crois pas que l'arbitre siffle consciemment contre nous, mais je crois qu'il peut être influencé par les circonstances, le prestige, etc. Il faut être très prudent pour accuser un arbitre. Ce qui s'est passé est dommage et nous coûte cher mais, moi, ma conclusion est positive: notre jeune équipe a montré plus de qualités que beaucoup leur attribuaient. Nous sommes sur le bon chemin, nous travaillons bien, l'ambiance dans le groupe est remarquable, les choses sont claires, il faut voir l'avenir avec optimisme. Quand on est capable de dominer le Bayern sur sa pelouse, on doit en être fier.»

Broos tourne la page

L'entraîneur Hugo Broos? lui aussi, préférait parler du futur que du passé. «Je suis fâché sur la tournure des événements, mais je suis surtout fier de mon groupe. Anderlecht a énormément progressé durant cette compétition. On a commencé avec un point sur six, puis nous avons battu le Celtic à 10 contre 11. On a pris un coup sur la tête à Glasgow, et on a encore été capables de redresser la barre pour battre Lyon et dominer le Bayern, pour être en fin de compte éliminé sur deux phases litigieuses. La conclusion est positive: outre nos qualités techniques, on a aussi montré une force mentale. Je ne regrette en tout cas aucun de mes choix. La rotation? Cela va devenir compliqué. Il va falloir gérer les mécontentements inévitables.

Toujours très critique, Frankie Vercauteren, l'entraîneur adjoint voulait relativiser l'importance du penalty. «Quand on joue au Bayern, au Real ou à Barcelone, on sait que cela fait partie des paramètres. Mais sur six matches, tout cela s'équilibre. On peut dire qu'au match aller, l'exclusion de Pizarro était sévère ou qu'à 0-0, Lyon a tiré sur le poteau, chez nous. Moi je retiens surtout qu'on a le potentiel pour jouer les huitièmes de finale et que ces matchs vont désormais nous manquer pour progresser encore.»

© Les Sports 2003

Christophe Berti

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