Football Nos confrères de la DH ont fait une partie du déplacement en bus en compagnie des supporters du Paris Saint-Germain, à l'occasion du match face à Anderlecht au stade Constant Vanden Stock.

Le rendez-vous était donné sur l'aire de repos de Rekkem, près de Mouscron, à 17h. Ce qui saute directement aux yeux, c'est le dispositif policier mis en place par les autorités belges. Combis, voitures et motos de police, on ne plaisante pas avec les supporters du PSG... il faut dire que la réputation de leurs aînés les précède. 

Les plaques d'immatriculation sont sans grande surprise majoritairement françaises sur le parking (59, 62, 75, 93, etc.) bien que quelques plaques belges se mêlent au décor.  Déjà, les supporters parisiens semblent assez confiants, les sourires et la décontraction sont de mise. Ici et là, on entend quelques voix s'élever pour donner un pronostic. " Ça va être un match facile, tu verras. Au moins 3-4 buts sans encaisser. Après ça peut même taper plus fort si les joueurs sont réalistes", annonce un fan. Pourtant, tout le monde n'est pas du même avis. " Ils ont changé d'entraîneur, il est meilleur le nouveau. En plus les joueurs vont vouloir gagner leur place et prouver des choses. Ce sera compliqué, je vois un but d'écart pas plus", prédit Mehdi.

Un retard incompréhensible

Alors que le cortège de bus devait s'élancer vers Bruxelles aux alentours de 17h30, tout le monde est encore sur le parking à 18h. Nous attendons les supporters qui arrivent depuis Paris et qui ont pour consigne de nous rejoindre sur l'aire de repos pour que l'escorte prenne tout le monde en charge. Ils auraient été ralentis aux abords de Lille, nous informe une hôtesse. Finalement, nous finissons par mettre les voiles 10 minutes plus tard. Sur l'autoroute, les bus avancent à une vitesse qui dépasse rarement les 60 km/h. Étrange. L'escorte prend, semble-t-il, toutes les précautions et tout son temps pour faire le trajet qui doit normalement ne prendre qu'une heure et quart. Plus le temps passe, plus le retard s'accumule alors que la circulation est tout ce qu'il y a de plus fluide. En définitive, nous n'arrivons que vers 20h30 au stade Constant Vanden Stock. Les supporters du PSG commencent à gronder très sérieusement. 

La sécurité demande alors à ce que tous les bus soient garés avant de libérer les supporters du PSG, qui comprennent qu'ils vont définitivement manquer l'hymne de la Ligue des Champions. Mais l'attente ne s'arrête pas là puisque seuls trois portails, qui ne permettent qu'une entrée individuelle et sécurisée, sont prévus pour les visiteurs. A 20h45 le match débute et aucun supporter parisien n'est en tribune. Les fans du club de la capitale française deviennent très irritables et commencent à chanter/crier leur mécontentement. Les sifflets pleuvent et l'organisation belge en prend pour son grade. " Je n'ai jamais vu ça !  Seulement descendre du bus à l'heure du match, c'est n'importe quoi ! A croire que c'est fait exprès. Je vais demander à être remboursé, cette organisation est merdique", nous certifie Valentin. 

Alors que la tension monte, une rumeur commence à se propager dans la foule: Mbappé aurait ouvert la marque. Les chants de contestation sont alors troqués par les traditionnels chants d'encouragement. Il est plus facile de patienter lorsque son équipe mène au score. Il est très exactement 21h05 quand nous prenons place dans le parcage. Certains ont pu arriver 5 minutes avant nous, alors que d'autres ne sont rentrés que vers la 30e minute de jeu.



Ils ont aimé Onyekuru, moins la défense

Une fois devant leurs joueurs, les supporters parisiens semblent oublier complètement leur "mésaventure" et ne pensent plus qu'à encourager leur équipe. Anderlecht propose un jeu intéressant et ennuie beaucoup les Parisiens avec leur pressing et leur harcèlement incessant du porteur du ballon. La bande à Neymar est gênée et peine à trouver les failles du système concocté par Hein Vanhaezebrouk. " Ils ont bien plus envie que nous, les Bruxellois. Ils ont faim, ils veulent faire un résultat. De notre côté, ça ronronne et ça passe plus de temps au sol et à se plaindre qu'à jouer correctement au ballon", analyse Alex. Heureusement, Edinson Cavani viendra tuer le suspense avec un but en fin de première période. Les fumigènes sont alors "craqués" et le ciel bruxellois s'embrase quelques minutes. " On ne mérite pas de mener 0-2, mais quand t'as la chance d'avoir des joueurs de cette trempe devant, ça suffit face à des équipes plus faibles et avec des défenses plus que moyennes. Seul Kara fait un match correct derrière.

Le PSG ajoutera 2 buts supplémentaires en seconde mi-temps et gâchera quelques très belles opportunités. De son côté Anderlecht ne lâchera rien mais plongera physiquement en fin de rencontre, tandis qu'Henry Onyekuru aurait bien mérité un but pour récompenser sa très belle prestation. " Honnêtement, le numéro 9 a été excellent. Il percute, il ne fait pas n'importe quoi avec le ballon, il est vif... Ils l'ont pioché où celui-là ?", demande un supporter parisien séduit par le Nigérian. 

Au coup de sifflet final de l'arbitre, les hommes d'Unai Emery viendront saluer leurs supporters avant que nous ne repartions, dans le calme le plus complet, en direction des bus puis de Rekkem. Anderlecht aura proposé un visage séduisant, bien meilleur qu'il y a 4 ans avec la victoire de ce qui était à l'époque le PSG de Zlatan (0-5). " Ils nous auront posé plus de souci que ce que je pensais. Ils sont chiants à jouer. Je pensais qu'on gagnerait sur ce type de score mais sans être embêté. Le résultat final est flatteur, même si Mbappé et Cavani ont pas mal raté", termine Alex.