Football Miriam* raconte à nos confrères de L'Equipe l'enfer que lui a fait vivre un footballeur professionnel.

Si elle n'a jamais osé porter plainte après des faits d'une extrême gravité, Miriam a décidé de témoigner de manière anonyme lorsqu'elle a appris, en février dernier, que l'actuelle compagne de son ex vivait les mêmes atrocités qu'elle. "J'ai su qu'il avait tapé sa nouvelle compagne, y compris pendant sa grossesse. [...] Je vous ai contactés parce que j'ai peur qu'il finisse par tuer quelqu'un... [...] Je parlerais peut-être un jour à un juge mais j'ai peur pour mon fils et moi parce qu'il est vraiment dangereux."

Miriam explique qu'elle a rencontré le joueur dans sa ville natale, en Afrique, quand il venait jouer avec l'équipe nationale. Celui dont elle ne veut pas dévoiler l'identité pour se protéger lui a ensuite "proposé de venir vivre en France avec lui. Il m'a fait les papiers et je suis venue le retrouver dans la ville du nouveau club où il avait signé."

C'est à cause de cette décision que la vie de cette femme va basculer. "Dès qu'on a habité ensemble, j'ai vu qu'il n'était pas très stable et qu'il était vraiment violent. C'est là qu'il a commencé à me frapper. C'est difficile à croire en le voyant comme ça. [...] Et ce n'était pas des petites gifles, mais des coups de poing dans le ventre, sur le visage, partout... En plus, je dépendais complètement de lui financièrement, car il refusait que je travaille."

Elle décrit un homme que l'argent a perverti et qui se "croyait tout permis". Elle raconte également l'une des crises de jalousie que le joueur lui a fait. "Une fois, il m'a dit : "Viens, on va faire un tour en voiture". En fait, en pleine crise de jalousie, il voulait que je lui donne mon mot de passe Instagram. Comme je refusais, sur une route pleine de virages, il s'est mis à accélérer jusqu'à plus de 200 km/h, a décroché ma ceinture de sécurité en bloquant le loquet avec sa main."

L'interlocutrice de nos confrères précise qu'elle avait également vécu des violences sexuelles. "Quand il me voyait pleurer après m'avoir tapée, il se rapprochait de moi, me demandait pardon, puis me forçait à faire l'amour. Je me débattais, mais je pense que ça l'excitait."

Comme souvent dans ce type de relation, une forme d'emprise psychologique empêche la victime de porter plainte ou de réagir. "Je refusais toujours de porter plainte parce que j'étais très amoureuse de lui et que je voulais le protéger, lui et son football. J'espérais qu'il changerait, qu'il m'épouserait, qu'il me ferait un enfant... Donc, quand je saignais du nez ou de la bouche après ses coups de poing, je disais par exemple aux infirmières que j'étais tombée dans la baignoire."


*"Miriam" est un prénom d'emprunt utilisé par L'Equipe à la demande de son interlocutrice.