Football

A part les quelques déçus traditionnels, tout le monde était de bonne humeur, hier à Anderlecht. Avec le résultat forgé contre Bakou, les Anderlechtois avaient largement le temps pour la rigolade. La victime: Anthony Vanden Borre. En effet, comme les (télé)spectateurs ont pu le constater mercredi, Vanden Borre se balade avec une toute nouvelle chevelure. Les petites boucles rousses sont devenues des tresses rastas. «Ma tante africaine m'a dit: «Viens ici gamin, je vais te faire les cheveux». Devant, elle a mis des nattes, derrière des rastas. Elle a bien eu deux heures de boulot. Je vais les garder deux à trois semaines, puis je vais les enlever.»

Un bonnet pour se cacher

Il va de soi que Vanden Borre ne sait plus compter les réactions de ses équipiers. «Appelez-le Kiki Musampa ou Melchiot, il déteste cela», nous chuchotait Michal Zewlakow dans l'oreille. «Il n'ose montrer ses cheveux que sur le terrain. En-dehors, il les cache sous son bonnet», rigolait Mpenza.

«Je m'en fous de ce qu'ils disent», souriait Anthony. «Il y en a qui m'appellent Gullit. C'est génial, quoi! Gullit était un superbe joueur. Le summum de la rigolade, ce fut lors de la session de théorie tenue par Vercauteren le jour avant le match. Il me disait: «Anthony, enlève ton bonnet quand je parle!» Mais quand il a vu mes cheveux, il s'est repris: «Anthony, je t'en prie, remets vite ton bonnet!»

Compliments de Zetterberg

On oublierait presque que Vanden Borre a joué un superbe match face à Bakou. «Je méritais un 8/10? C'est vrai, j'étais fort en première mi-temps. En deuxième, un 7/10 aurait suffi.»

Pär Zetterberg n'avait que des compliments pour Vanden Borre. «Avant les entraînements, j'ai déjà dit qu'Anthony pouvait devenir notre révélation cette saison», disait le capitaine anderlechtois. «Il a une telle puissance pour un garçon de 17 ans qu'il faut faire gaffe quand on se dispute un ballon à l'entraînement. Il pourrait vous blesser.»

«Ça vient de «Zet», ça? se demandait Vanden Borre. C'est rare qu'il dise des trucs pareils. C'est vrai, je me sens nettement plus fort que la saison passée, je suis plus calme. Ce n'est pas toujours évident, mais j'arrive à rester derrière quand l'entraîneur me le demande. Je veux surtout jouer une saison constante. Ma puissance? Ma mère congolaise charrie toujours mon père belge, en disant que c'est grâce à elle que je suis si costaud.»

«Mûrir encore un an»

Vanden Borre avait été cité à Hambourg et Wolfsburg, mais finalement, il est resté «mauve».

«Il faut que je mûrisse encore un an, puis je serai prêt pour partir. Où? Avant, je n'aimais pas l'Allemagne, maintenant, j'apprécie. L'Italie, ce n'est pas mal, l'Angleterre non plus. Mais je suis surtout le foot français pour Marseille. C'est mon frère qui m'a bourré le crâne avec l'OM à l'époque de Boli. Maintenant, je suis plus fana que lui. La ville est géniale aussi, mais je n'y suis jamais allé. Ce serait un rêve d'y passer une semaine. Je râle autant quand le club phocéen perd que quand c'est Anderlecht. J'ai des maillots et des t-shirts, mais hélas pas des vrais de joueurs. Je serais dégoûté s'ils perdent ce soir (NdlR: hier) face à la Lazio. Je serai devant mon écran, j'ai pris un satellite pour voir l'Olympique de Marseille.»

© Les Sports 2005