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"Si je l'avais pris", a commenté René Vandereycken, qui a communiqué jeudi midi une sélection de 22 joueurs pour la rencontre amicale Allemagne - Belgique, du mercredi 20 août à 21 heures au easyCredit-Stadium (ex-Frankenstadion) de Nuremberg, "la personne de Vincent en particulier, et le cas Kompany en général, auraient été les seuls sujets à l'ordre du jour, y compris du côté allemand, au détriment de l'intérêt de cette partie, qui serait passé au 3ème plan !"

"Cela dit ce n'est pas la raison pour laquelle je ne l'ai pas sélectionné. Vincent Kompany reste Diable Rouge à part entière, et disputera en principe les matches qualificatifs pour le Mondial-2010 en septembre (le 6 contre l'Estonie et le 10 en Turquie). Mais il doit d'abord retrouver la sérénité, et surtout sa place, dans son club. Je crois qu'il l'a bien compris lorsque je l'ai contacté à ce propos. J'espère pour lui que les choses se tasseront rapidement, et qu'il jouera déjà vendredi au Bayern Munich, ou le match suivant à Karslruhe..."

De Pékin à Hambourg, en passant par Bruxelles, Vincent Kompany a en effet fait couler beaucoup d'encre, et rempli des pages entières de nombreux blogs. Une pétition en sa faveur circule même sur le net. René Vandereycken avoue qu'il a pour sa part une opinion bien tranchée sur le sujet, mais ne la... révèlera pas, même si l'absence du joueur dans un groupe aussi élargi que celui-ci, permet de la deviner.

Il ne dira rien, ou pratiquement rien non plus, sur l'équipe olympique. "Je me réjouis de ses résultats", a-t-il déclaré, "qui ne m'étonnent cependant guère. Je ne comptais en effet pas sur un retour de mes joueurs avant notre rencontre en Allemagne. J'ai lu que j'avais critiqué l'organisation du stage à Malte. C'est complètement faux. Je n'y ai participé que comme observateur, sans avoir l'intention de me mêler de quoi que ce soit. Je n'ai donc fait aucun commentaire, et cela ne va pas changer..."

Date et adversaire imposés

Et à propos d'Allemagne-Belgique? "La FIFA a choisi la date, et ce n'est ni moi, ni aucun membre de mon staff (mais bien le CEO de l'Union Belge Jean-Marie Philips, ndlr) qui ai désigné l'adversaire. Je ne dois pas vous expliquer que ce n'est pas exactement le match idéal pour préparer notre prochaine joute contre l'Estonie. Mais comme je me veux positif, disons qu'il peut se justifier dans l'optique du déplacement en Turquie, vice-championne d'Europe, quatre jours plus tard. Prenons le comme cela, en tout cas..." Sauf blessure, ce week-end en championnat, René Vandereycken emmènera 22 joueurs en Bavière, dont 17 maximum, pourront être alignés. "Les Olympiques manquent, mais ils vont acquérir de l'expérience en Chine, et je ne vais donc pas m'en plaindre", commente le successeur d'Aimé Anthuenis.

"Mais il y a forcément peu de jeunes dans ma sélection, puisque les meilleurs sont aux Jeux. J'ai donc priviliégié l'expérience, et profité de l'occasion pour faire savoir à certains que je ne les ai pas oubliés. Ce n'est pas parce qu'on n'a pas été repris deux ou trois fois de suite, qu'on est définitivement rayé des cadres. Je compte ainsi redonner une chance à certains joueurs qui n'avaient plus eu l'occasion de me démontrer leur utilité depuis pas mal de temps (Buffel, Daems, Vandenbergh, NdlR). Il n'a pas été possible de scouter tout le monde, mais on a multiplié les contacts. Aucun joueur de cette sélection n'est en condition insuffisante, mais il y en a qui ont très peu joué. C'était d'ailleurs inévitable à ce stade de la saison", conclut le sélectionneur. Allemagne-Belgique est le 22ème match des Diables Rouges sous la direction de Vandereycken, mais le premier depuis la défaite, 3-1, du 30 mai en Italie, à Lecce.

L'Allemagne, vice-championne d'Europe, n'a plus joué depuis la finale de l'Euro à Vienne contre l'Espagne (0-1), le 29 juin. Il s'agira du 23ème duel entre les deux pays au drapeau noir et jaune et rouge. Celui aux bandes horizontales l'a emporté à 17 reprises, contre 4 défaites et un nul. Le dernier Allemagne - Belgique date du 31 mars 2004 à Cologne: 3-0.