Football Hein Vanhaezebrouck sait pourquoi il est si difficile de gagner en championnat après un match européen pour un club belge.

Si la Ligue des Champions est une récréation (où le Sporting se fait martyriser par ses petits camarades jusqu’à présent), le championnat est la vraie priorité d’Anderlecht cette saison. Rappelons-le : l’Uefa versera encore plus d’argent aux participants des poules de C1 dès la saison prochaine. Le titre, qui y donne un accès direct, est donc un must.

Hein Vanhaezebrouck en est bien conscient. C’est pour cela qu’il veut absolument faire disparaître un souci récurrent ces dernières années à Anderlecht : le manque de régularité en championnat juste après un match de Coupe d’Europe. "Mes joueurs doivent bien comprendre que la venue de Genk est plus importante que celle du PSG. On a déjà pas mal de retard sur Bruges et l’écart ne peut pas s’agrandir encore. C’est pour ça qu’il serait bien de claquer une belle série maintenant, même si les réceptions de Genk dimanche et de Zulte Waregem mercredi ne sont pas faciles du tout. Regarde Charleroi : la belle série de 15 sur 15 du début suffit encore pour permettre au club d’être en haut du classement."

Comment rendre les joueurs aussi motivés contre les Limbourgeois ou les Flandriens que contre les stars parisiennes ? C’est la mission de Vanhaezebrouck. "Mais la motivation ne fait pas tout", tempère-t-il. "S’il y a autant de points perdus après un match européen, c’est aussi à cause de notre championnat. C’est tout simplement le plus difficile d’Europe."

Pardon ? Notre petite Pro League plus difficile que la Bundesliga, la Premier League, la Serie A ou la Liga ? On a bien entendu ? "Oui, oui. Je m’explique : q uand tu regardes en Allemagne, le Bayern et Dortmund parviennent à gagner pas mal de matchs assez facilement, avec un gros écart. Pareil pour le PSG en France. Et ne parlons même pas de la compétition espagnole où le Real Madrid et le FC Barcelone cartonnent souvent. Chez nous, c’est rare de voir un score fleuve comme dans ces pays. En Belgique, chaque match est difficile à gagner, même pour les grands. Regarde le week-end passé : le premier, Bruges, a dû attendre la dernière seconde pour battre le dernier, Ostende."

Ce que Vanhaezebrouck veut donc dire, c’est que le championnat de Belgique est plus homogène que les autres, l’écart de niveau entre toutes les équipes de la division est moins grand qu’ailleurs. "Et ça s’explique facilement", reprend le coach. "Au Bayern, à Dortmund, au PSG et chez tous les autres grands des championnats, il y a un joueur du top absolu. Ou même parfois plusieurs au sein du même club, comme au PSG. Ces joueurs savent faire la différence à n’importe quel moment, même si la défense fait bien son boulot. Tu ne sais tout simplement pas les contrer."

Ces joueurs du top absolu, il n’y en a évidemment pas chez nous. "Et il n’y a pas non plus de différence énorme entre les joueurs de chaque club. Sans doute parce que l’écart de budget entre le plus riche et le plus pauvre du championnat n’est pas aussi grand qu’ailleurs. Il est donc plus dur pour les meilleurs de Belgique de faire la différence. Chaque week-end, il y a des surprises chez nous. Cela arrive bien plus rarement ailleurs. C’est pour cela que j’affirme que notre championnat est le plus difficile d’Europe."