Football Le boss de Ghelamco et Wouter Vandenhaute offrent 75 millions.

Le RSC Anderlecht est à vendre. Le bruit courait depuis un certain temps, et la nouvelle est officielle depuis l’annonce dans le Moniteur du 15 septembre dernier.

Roger Vanden Stock prépare sa passation de pouvoir depuis plusieurs années déjà. Claire et Julie, ses filles, ne veulent pas prendre la succession familliale des Vanden Stock. Constant a été président durant 25 ans, Roger (75 ans) en est, lui, à sa 21e année.

Le candidat numéro 1 au rachat du club n’est autre que Paul Gheysens (64 ans), patron du groupe Ghelamco. Associé à Wouter Vandenhaute (54 ans), patron de la société de productions Woestijnvis et organisateur du Tour des Flandres, il serait disposé à déposer une offre de 75 millions.

Des négociations ont déjà eu lieu, et Vandenhaute - un grand supporter d’Anderlecht et presque actionnaire en 2009 - a laissé une excellente impression sur Vanden Stock.

L’arrivée de Gheysens - qui fournirait la majeure partie des 75 millions - serait plus compliquée. Gheysens est l’homme avec qui les pourparlers concernant l’Eurostadium avaient capoté, il y a un an. Selon l’entourage de Gheysens, un dialogue avec Roger Vanden Stock est parfaitement possible.

Mais qui plus est , Gheysens est propriétaire de l’Antwerp. Pour éviter tout conflit d’intérêt, il est interdit de posséder deux clubs disputant la même compétition. En cas de rachat du Sporting, il devrait donc soit vendre l’Antwerp à son fils ou sa fille, soit placer ses enfants à la tête du club bruxellois. On se souvient que c’est ainsi que Roland Duchâtelet, alors patron de Saint-Trobnd, avait contourné le même problème lors du rachat du Standard.

À Anderlecht, certains dirigeants craignent que Gheysens ne permette à Luciano d’Onofrio de se frayer un chemin vers le Sporting, où il a déjà essayé de devenir le patron sportif.

Une autre piste - moins concrète depuis un certain temps - est celle menant à Alicher Ousmanov, troisième plus grosse fortune de Russie, et actionnaire d’Arsenal, où il dispose de 30 % des parts. Via l’entremise de Christophe Henrotay, Ousmanov a rencontré Herman Van Holsbeeck fin mai à Monaco. Lors de la finalisation du transfert de Youri Tielemans, la manager du Sporting avait rejoint le yacht du milliardaire en hélicoptère.

Mais entre-temps, la réputation d’Ousmanov en a pris un coup. Via un homme de paille, il aurait également pris des parts dans Everton, ce qui est strictement interdit. Samedi soir, Ousmanov a fait savoir dans un communiqué qu’il avait reçu "plusieurs propositions, dont une pour la reprise du RSC Anderlecht, mais aucune décision n’a été prise."

Anderlecht , lui, reste encore plus vague. "Le RSCA reçoit régulièrement des propositions de collaboration sportive ou financière. Le club évaluera toujours ces propositions en détail, au vu de la valeur ajoutée qu’une proposition pourrait constituer pour le club. Et plus spécifiquement sur une norme claire : une amélioration sur les plans sportif et financier dans le long terme."

Samedi soir, à Mouscron, Roger Vanden Stock n’a pas tenu à s’épancher sur le sujet.

Il va de soi qu’à partir de ce week-end, plusieurs autres candidats potentiels vont se manifester. Une chose paraît certaine : ce dossier fera encore couler beaucoup d’encre...


L’Eurostadium n’attend que cela

Si Paul Gheysens parvient à racheter Anderlecht, il y aurait évidemment une solution pour le problème de l’Eurostadium. Jusqu’à présent, le Sporting avait dit non au projet, surtout à cause du prix de location de 9 millions par an. Il va de soi que Gheysens ne resterait pas au stade Vanden Stock et que la construction du nouveau stade pourrait débuter dès qu’il met sa signature comme propriétaire du RSCA. Mais est-ce qu’on sera encore dans les temps pour l’organisation de l’Euro 2020 ? On en doute fort…


Van Damme se sent mieux en Suisse

Le grand boss d’AB Inbev n’est plus candidat : il privilégie son anonymat

Depuis 2008, année du changement de statut d’Anderlecht d’ASBL en société anonyme, le futur homme fort du Sporting ne portait qu’un nom : celui de l’invisible Alexandre Van Damme, grand patron d’AB Inbev et milliardaire. Sa richesse est estimée à 3,2 milliards, soit 900 millions de moins que celle de Donald Trump.

Le plan de Van Damme était clair : placer Jo Van Biesbroeck comme bras droit de Van Holsbeeck et racheter Anderlecht au moment où le club serait organisé comme Van Biesbroeck et lui le pensent. Les deux hommes ont placé des pions à des postes clés, tout en laissant Vanden Stock et Van Holsbeeck à la tête du club. Anderlecht devait être dirigée comme une société; elle devait rapporter de l’argent.

Mais l’année passée , Van Damme a fui la Belgique - il habitait à un endroit secret à Saint-Gilles - et s’est installé en Suisse. Il a continué à suivre Anderlecht, de beaucoup moins près. Pour venir voir un match, il ne lui suffisait plus de prendre le métro ou de monter dans sa voiture. Il fallait déjà qu’il prenne son jet privé, chose qu’il ne savait pas décider à une heure du match.

Souvent, le spectacle au parc Astrid était si triste qu’il regrettait le déplacement. Cette saison, il aurait assisté à un ou deux matchs.

Qui plus est, il avait de plus en plus peur de perdre son anonymat. Par crainte d’être la cible de kidnappeurs - l’exemple de Freddy Heineken, enlevé en 1983, l’a fort marqué - Van Damme s’est toujours caché des médias. Seul Christophe Deborsu est parvenu à le filmer de loin pendant un match d’Anderlecht. Cette séquence à la RTBF a encore plus refroidi le plus invisible des hommes d’affaires.