Football

Machine arrière? Peut-être. Les clubs belges de football et l'Union belge étudient la possibilité d'introduire des «quotas de joueurs belges» lors des matches de championnat.

Un virage à 180°: le monde du football belge avait adopté en 1995 une attitude très libérale en autorisant le plein accès à la compétition des joueurs originaires de pays hors Union européenne. « On en riait à l'époque en se disant qu'on n'aurait jamais d'équipes composées seulement de joueurs extracommunautaires », se souvient un responsable à l'Union belge de football. Visiblement, on s'amuse beaucoup moins aujourd'hui. Les «farfadets ivoiriens» de Beveren, par exemple, qui assurent le spectacle au stade du «Freethiel» irritent sec : « Ça ne plaît pas à beaucoup de monde de voir des équipes avec seulement des Ivoiriens en finale de la Coupe de Belgique », poursuit-on encore. « Certains trouvent que ça ne va pas (sic)»...

Le second argument mis en avant pour mettre en place un système de «quota pro-belge», ce sont les difficultés de recrutement pour l'équipe nationale. Et sa baisse de niveau: « On n'a pas tellement envie de devoir aller recruter en division 2 ou 3...», explique-t-on encore.

«Vendeurs de trombones»

Mais comment cette idée a-t-elle déboulé dans l'aire de jeu? Jos Vaessen, le président du club de Genk, avait fait exploser quelques barils de poudre après la défaite de son équipe 3-1 contre Beveren, en novembre 2003. Il avait alors claironné qu'être battu par «

dix Ivoiriens et un Letton, cela (constituait) une chose risible pour le football belge! ». A la réunion de la ligue professionnelle suivante, Genk a présenté ses excuses à Beveren, on aurait pu en rester là. Mais non, le débat était lancé et le club de Westerlo a mis sur la table l'idée d'introduire un nombre minimum de joueurs belges (« 6 », dit-on) sur les feuilles de match de championnat de première division. Certains clubs, comme Genk, ont ensuite milité pour que ces quotas soient dévolus aux joueurs communautaires et non pas seulement belges. D'autres, le Standard de Liège par exemple, ont fait valoir que quitte à introduire des quotas de Belges, il faudrait voir à se protéger de tout pillage. En clair, faire signer des contrats sur le modèle «français» visant à éviter que les clubs formateurs ne se fassent trop rapidement déposséder des diamants qu'ils ont taillés. Enfin, un dernier groupe de clubs - dont fait partie le Sporting de Charleroi - est radicalement opposé à toute obligation de faire jouer un minimum de Belges. Pourquoi? « Le fait de pouvoir faire jouer autant d'extra-communautaires que nous le désirons, c'est le dernier avantage que nous avons par rapport aux championnats étrangers » indique Pierre-Yves Hendrickx, secrétaire général du club.

Quoi qu'il en soit et même « si ces quatre axes vont être difficilement conciliables », un comité des représentants des clubs planche désormais sur la question et remettra une proposition sur laquelle ils devront voter. Peut-être fin juin mais plus vraisemblablement en septembre. « Je doute que la mesure puisse être rapidement d'application, commente Jan Peeters, président de la Fédération belge de football. Pas mal de clubs y sont encore réticents et mettent en avant l'argument financier. Vous imaginez bien que payer des joueurs étrangers leur revient moins cher que de payer des Belges.... »

S'il n'amuse pas tous les clubs, le projet pourrait carrément fâcher la Commission européenne qui veille au respect du droit de la concurrence dans l'Union et à la bonne application du principe de libre circulation des travailleurs. Elle avertit: « Le football est une activité économique comme une autre. A priori, une entreprise qui fabrique des trombones ne peut pas déclarer qu'elle veut travailler avec 50pc de Belges, c'est pareil dans le sport. Ces quotas réintroduiraient une distinction entre ressortissants belges et communautaires »...

© Les Sports 2004





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