Football Tensions avec Olivier Renard, mise au point avec Daniel Van Buyten, crise au club, Yannick Ferrera s’explique.

"Il y a eu de la tension tout au long de la saison. Mais le problème n’était pas lié à la pression des fans ou des résultats mais de l’intérieur du club. Il y avait des petites attaques de tous les côtés. J’ai un avis bien tranché sur tout cela."

Yannick Ferrera a décidé de jouer la carte de l’honnêteté. S’il sait bien qu’il ne peut pas tout balancer à propos de son passage au Standard ou au sujet de son année passée à Sclessin, il ne se cache pas pour autant.

Vous avez déclaré qu’avoir pris votre C4 au Standard était la meilleure chose qui pouvait vous arriver. N’est-ce pas facile a posteriori ?

"Sur le moment ça a fait très mal. Avec le recul, je me dis que j’ai tant appris à Malines et que signer ici est la meilleure chose qu’il me soit arrivé. J’aurais aimé amener le Standard plus haut mais dans ce climat, c’était impossible."

N’avez-vous pas signé trop vite au Standard ?

"Non. Quand j’ai quitté Saint-Trond, j’ai pensé à Guido Brepoels. Il fait monter l’équipe, la qualifie pour les playoffs puis la direction a vendu tout le monde et il s’est fait virer. On m’avait prévenu que si on était sauvé en janvier, les meilleurs joueurs partiraient. Puis, le Standard avait tellement mal débuté que je ne pouvais que faire mieux."

Vous finissez sur un premier renvoi dans votre carrière.

"Je ne verrai jamais mon passage au Standard comme un échec. Ce n’est pas parce que deux ou trois personnes ont décidé de mon avenir que je suis devenu un mauvais coach… Le titre en D2 et la Coupe ne sont pas arrivés par la poste."

Les résultats n’étaient pas brillants !

"On échoue aux portes des playoffs après avoir été derniers. Puis, on gagne la Coupe qui offre les poules de l’ Europa League . J’ai eu les émotions que je voulais avoir. J’étais dans la lignée de ma check-list : D2, champion, D1, montrer ce que je sais faire, top club, trophée. Bon, après je devais aller à l’étranger mais je suis à Malines (rires)."

Justement, quand Malines vous téléphone, vous vous dites quoi ?

"J’hésite ! Et le président Timmermans l’a compris. Le jour même de mon entrée en fonction, je me suis demandé si j’allais le faire. Jusqu’à ce que je me dise ‘mais qui es-tu pour refuser Malines ?’ Après, il n’est pas simple de passer du cadre idyllique de l’Académie à un petit bureau et à une pelouse pas tondue et pleine de bosses. (rires) "

La différence entre Malines et le Standard se trouve dans la liberté qu’on vous laisse ?

"Philippe Albert a dit un truc qui signifiait : fais confiance à ton coach à 2000 %. Laisse-le faire et s’il se plante, c’est de sa faute."

Au Standard, on vous poussait dans certaines décisions ?

"Dans beaucoup d’entreprises, dans le football y compris, les gens veulent exister. Chacun veut sauver sa petite situation personnelle et ça amène des conflits d’intérêts et des jeux de relations."

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