Formule 1

Si vous n’aviez pas noté que les Britanniques avaient avancé leur Grand Prix d’une heure pour éviter la concurrence avec le foot et le tennis, ce n’est pas grave. Vous n’avez pas raté grand-chose puisque le seul dépassement intéressant a eu lieu dans les stands, au 42e tour, lorsque Kimi Raikkonen y a perdu sa 2e place au profit de Michael Schumacher. Au départ, les trois ténors du Mondial sont restés dans le même ordre qu’aux essais. Et on a juste vu un peu d’animation dans le peloton où, en voulant contrecarrer une poussette fautive de Speed, Ralf Schumacher s’accrocha avec le décidément malchanceux Webber.

L’occasion pour la safety car de rassembler tout le monde, pour Alonso de nous offrir une nouvelle valse en chauffant ses pneus comme un kartman et de faire un concours de surplace pour essayer de surprendre tout le monde lors du 2e départ. Michael Schumacher aurait agi de la même manière que certains auraient trouvé ce comportement très limite…

Le 4e tour fut sans doute le plus beau de ce Grand Prix avec les trois premiers dans un mouchoir et une tentative de dépassement audacieuse de Schumi sur un Kimi Raikkonen gardant son sang-froid. À plus de 250 km/h, leurs roues se sont presque touchées. Chaud, chaud, ce début de Grand Prix d’Angleterre disputé sous un soleil inhabituel… Mais l’incendie allait, hélas, vite s’éteindre. Et après le feu d’artifice du départ, il s’avéra que le pétard anglais était mouillé. Au fil des tours, le peloton commença à s’étirer. Et les téléspectateurs aussi !

La McLaren et la Ferrari ne pouvaient visiblement pas suivre le rythme de la Renault. Les amateurs neutres de sport n’ayant pas encore rejoint leur jardin se mirent alors à espérer que des stratégies peut-être différentes, des pneus Bridgestone plus résistants, permettraient au groupe de poursuivants de revenir sur l’échappé espagnol. Mais il n’en fut rien. Et en voyant l’Allemand rentrer au stand au 18e tour puis le Finlandais suivre la même voie une ronde plus tard, on comprit que de réelle bagarre, il n’y aurait que pour les accessits. En ravitaillant pour la première fois trois tours plus tard que la McLaren-Mercedes d’Iceman et quatre tours après la F248 F1 du Kaiser, Il Nano donna encore plus de valeur et de saveur à sa 13e pole position de la veille.

Eh ! Oui, la R26 était de surcroît pour lourde lors de l’exercice des qualifications. Le tour était joué pour Alonso qui, après un succès devant les aficionados et le roi d’Espagne, une couronne de prince de Monaco remportait à Silverstone une nouvelle victoire à domicile, le prince d’Asturies résidant généralement entre les courses dans un appartement situé non loin de l’usine d’Enstone où sont fabriquées les Renault de F1.

Une dizaine de secondes derrière, Raikkonen et Schumi se sont bien battus pour la 2e place. Voyant que cela ne passerait pas sur la piste, le septuple champion du monde a dépassé son rival lors de la seconde valse de pitstops, le Finlandais devant se cracher dans les mains pour résister lors des derniers tours au retour d’un Fisichella doublant Massa (finalement 5e devant Montoya, Heidfeld et Villeneuve) lors du 1er passage par les stands.

Désormais nanti de 23 unités d’avance, Fernando Alonso peut aborder sereinement une tournée américaine (Montréal puis Indianapolis) qui l’an dernier ne lui avait pas rapporté le moindre point suite à sa seule erreur de pilotage de la saison puis le forfait imposé par Michelin qui devrait cette fois aborder le banking d’Indy avec plus de précaution. Tout profit pour Ferrari et les pilotes Bridgestone ? Réponse début juillet. Mais si on ne veut pas sceller le championnat à Monza, il devient vraiment urgent que la riposte s’organise un peu mieux…