Formule 1

Le double champion de McLaren-Honda croit encore en des jours meilleurs.

Il y a dix ans, après les deux titres mondiaux décrochés chez Renault face à un certain Michael Schumacher, on l’imaginait battre tous les records. Mais le destin en a décidé autrement.

Avec un peu plus de réussite, Fernando Alonso compterait deux ou trois couronnes de plus. Il n’en est rien et les derniers trois ans perdus dans la galère McLaren-Honda confirment que ses choix de carrière ont rarement été les bons. Aujourd’hui, il y a tout juste quatre ans (Espagne 2013) que l’Espagnol, devenu l’un des pilotes les plus expérimentés du plateau, n’a plus gagné un Grand Prix. Son dernier podium remonte déjà à la Chine 2014 et son ultime pole à Hockenheim 2012.

Malgré tout, le fier Asturien de 35 ans est persuadé qu’il figure parmi les meilleurs pilotes du plateau et qu’il peut encore décrocher un troisième titre mondial en 2018… Entretien avec l’équipier de Stoffel Vandoorne.

Fernando, avez-vous déjà calculé qu’avec onze unités de plus en cinq ans chez Ferrari, vous compteriez aujourd’hui quatre titres mondiaux ?

"J’essaie de ne pas penser à cela car on ne sait pas changer le passé. On n’est pas sacré avec des si. Je suis heureux de ce que j’ai accompli. J’ai commis des fautes, j’ai connu de la malchance, mais c’est la course. Il y a toujours des raisons pour tout. Que vous ne comprenez pas de suite, mais bien quand vous regardez les choses sous un angle différent, en prenant du recul."

Vous n’êtes donc pas frustré, déçu de la tournure prise par votre carrière qui aurait pu être différente ?

"Tout d’abord, elle n’est pas encore terminée. Ensuite, pensez-vous réellement que je puisse être déçu ? Mon père travaillait à l’usine, ma mère dans un centre commercial. Qui aurait pensé un instant que je puisse devenir deux fois champion du monde ? Il y a seize ans que je suis en F1, je roule pour un des teams les plus prestigieux de l’histoire et mon compte en banque se porte bien (NdlR : son salaire annuel est estimé à 40 millions d’euros). Je n’ai franchement pas à me plaindre."

Ok, mais vous ne gagnez plus de courses. Cela doit vous manquer.

"C’est clair, d’autant que je suis un très mauvais perdant. Quand j’étais gamin, je voulais toujours que ma maman roule vite pour être le premier à l’école. Quand je débutais en karting et que j’étais encore haut comme trois pommes, mes parents devaient me mentir quand je terminais sur la troisième marche du podium en me disant que les deux premiers seraient disqualifiés, sinon je râlais. Aujourd’hui, je déteste toujours autant perdre, mais je connais la réalité du sport auto. Vous êtes dépendant du matériel. En tennis, si vous êtes le meilleur vous gagnez des tournois. En cyclisme, si vous pédalez plus fort que les autres dans la montée du Mont Ventoux, vous remportez l’étape. Ce n’est pas comme cela en F1. Je peux signer le plus beau tour de ma vie, samedi, en qualifications, et presque personne ne le verra car j’ai une voiture moins performante que les autres et je ne serai pas dans le Top 10. Ce sport est compliqué et parfois ingrat."

Cette année, McLaren-Honda semble vraiment toucher le fond, non ?

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