Formule 1 Le Nivellois vise un quatrième succès au Mans, le premier en Porsche.

Depuis qu’il a dû se séparer de ses frères de chez Audi, Ben Tréluyer et Marcel Fassler, André Lotterer, notre Belge de cœur, est le seul triple vainqueur au départ capable d’ajouter cette année une quatrième victoire à son palmarès et d’ainsi rejoindre Henri Pescarolo, Olivier Gendebien et Yannick Dalmas, pour la première fois aux commandes d’un proto Porsche.

"Lorsque Audi a décidé d’arrêter le LMP1 à la fin de l’année dernière, cela a été un choc. On a vécu tellement de belles années ensemble" , confie l’Allemand vivant entre Tokyo et Nivelles où réside toujours sa maman. "J’avais encore trois ans de contrat avec la marque aux anneaux. Ils me proposaient un rôle d’ambassadeur et un volant en DTM. Mais j’ai préféré divorcer pour Le Mans. C’est une course tellement dingue, unique, où chacun va au bout de ses limites. Toyota me proposait le double d’argent pour les rejoindre mais j’ai eu moins l’impression de trahir Audi en signant avec leur cousin. Et puis Porsche, c’est une marque de prestige avec une grande tradition au Mans. Quand j’étais gamin, mon père travaillait comme ingénieur chez RAS. Il lui arrivait de me conduire à l’école avec la Porsche de rallye ou le mulet."

Egaler un jour Monsieur Le Mans

Aujourd’hui, le rêve est devenu une réalité pour André, possédant dans son garage une Carrera GT, une 911 2.7 et une 964 RS. Alors, pourrait-il un jour battre le record absolu de neuf victoires de son ex-équipier Tom Kristensen ?

"Je ne pense pas à cela. Ce sera dur, même s’il a arrêté à 46 ans et que je n’en ai encore que 35. Je suis encore jeune pour l’endurance. (rires) Mais j’espère bien encore m’imposer quelques fois, oui. Je vise d’abord les cinq victoires de Frank Biela, le plus capé des Allemands. Et puis ce sera les six succès de Jacky Ickx, Monsieur Le Mans , un grand monsieur justement que j’admire énormément. C’est devenu un ami aujourd’hui, quelqu’un de bon conseil, un sage."

Dont il est devenu un ambassadeur à travers la marque de montre Chopard, l’un des principaux sponsors des 919. Cette année, les Porsche s’élanceront en 2e ligne derrière les Toyota, favorites. Ce n’est pas souvent que la marque aux dix-huit victoires mancelles part avec le rôle d’outsider. "Sur un tour, les Toyota sont effectivement plus véloces que nous", admet André. "Mais en rythme de course, les écarts devraient être plus serrés. Et puis au Mans, ce ne sont pas toujours les plus rapides qui gagnent…"