La Libre.be > Sports > Formule 1 > Article
L’acteur de la semaine
D’Ambrosio sur la piste de Boutsen
Propos recueillis par Olivier de Wilde
Mis en ligne le 02/02/2010
La Belgique a peut-être enfin trouvé un successeur à Thierry Boutsen. Si tout le monde avait les yeux braqués sur Bertrand Baguette, qui avait effectué des essais chez Renault, c’est finalement Jérôme D’Ambrosio qui a décroché une place au sein de l’écurie franco-luxembourgeoise. Second remplaçant derrière le Chinois Tung, et les pilotes officiels, le Russe Vitaly Petrov et le Polonais Robert Kubica, l’un des jeunes espoirs belges du sport automobile a encore une longue route devant lui avant de se frotter aux Schumacher et autres Alonso.
Mais pour ce Brabançon de 24 ans, la consécration n’a jamais été aussi proche. Depuis l’âge de huit ans, et ses débuts en karting, le résident de Grez-Doiceau se passionne pour les monoplaces de F1 et rêve de pouvoir un jour prendre part à un Grand-Prix. Le feu sacré ne s’étant jamais éteint jusque-là, D’Ambrosio a franchi une à une les étapes menant vers son Graal. En 2002, il prouve qu’en plus des ambitions, le fougueux natif de Bruxelles possède aussi un talent certain. Cette année-là, Jérôme remporte le championnat du monde karting, tremplin vers la Formule Renault. C’est dans cette catégorie, à Zolder en 2003, qu’il décroche son premier succès à bord d’un bolide qui se rapproche de plus en plus de la F1.
De fil en aiguille, D’Ambrosio se fait un nom un peu partout dans le monde. Il écume les circuits italiens, asiatiques, français et emmagasine une précieuse expérience. Sa deuxième place au général du GP2 Asia Series l’an dernier constitue d’ailleurs l’un de ses principaux faits d’armes.
Aujourd’hui, le défi qui attend notre compatriote est immense et l’année à venir s’annonce cruciale. Car, contrairement à l’autre remplaçant, le Chinois Ho-Pin Tung, D’Ambrosio n’a pas des millions de yuans à proposer. Le Belge devra compter sur son seul talent - qui l’a déjà mené aux portes de la F1 - pour un jour réaliser son rêve. "Même si j’adore Spa et en tant que Luxembourgeois, je me sens proche de la Belgique, explique Gérard Lopez, le nouveau patron de l’écurie. Il est clair que nous n’avons pas choisi Jérôme D’Ambrosio comme réserviste en raison du marché qu’il représente Son talent est indéniable. On le soutient depuis deux ans et il est arrivé jusqu’ici par ses propres moyens. Fin de saison dernière, il a fait jeu égal, voire mieux que Kamui Kobayashi qui a étonné tout le monde en F1. Dès lors, j’estime qu’il a tout à fait sa place."
Des propos corroborés par le nouveau directeur sportif du Renault F1 Team, Eric Bouillier ne s’est pas facilité la tâche en choisissant de continuer à soutenir un jeune pilote belge au détriment de certains de ses compatriotes, Romain Grosjean en particulier. "On a travaillé ensemble l’an dernier et je suis convaincu du potentiel de votre compatriote."
Pour prouver qu’il mérite sa chance, Jérôme D’Ambrosio doit briller en GP 2 cette saison avec le Renault Junior Team (ex-Dams). Et le Belge, détaillant ses objectifs, l’a bien compris: "Gagner des courses et jouer le titre en GP2. Cela fait deux ans que je n’ai plus remporté une course. C’est frustrant, difficile à vivre pour un pilote. Je ne veux plus que cela se produise. En F1, il n’y a que la performance qui compte. Je dois montrer que je suis un pilote rapide afin d’être titularisé en 2011 en F1. C’est clairement l’objectif maintenant."
Comme le soulignait Eric Bouillier, D’Ambrosio doit d’abord se familiariser avec un milieu où la démesure et le faste contrastent avec la Formule Renault ou même le GP 2. Mais Jérôme y croit: "J’ai un pied dedans, à moi de tout faire pour rentrer le second."
10mn28 pour gravir l’Empire...
Barack Obama teste une arme redoutable
Parodie: Sarkozy face à la crise
Charles et Camilla fêtent Dickens