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Grand Prix d’Allemagne de F1
Succès sur consigne pour Alonso
Olivier de Wilde
Mis en ligne le 26/07/2010
Un an, jour pour jour, après son terriblement malchanceux accident du GP de Hongrie, on aurait aimé, hier à Hockenheim, voir Felipe Massa décrocher une victoire hautement symbolique et cent fois méritée.
Parti troisième, le Brésilien profita au départ de l’envol à nouveau raté du poleman Sebastian Vettel et de sa mauvaise habitude de tasser ensuite son plus proche rival contre le mur, pour virer en tête.
Jamais aussi fort que lorsqu’il mène une course, le petit Massa, bon pied bon œil, résista ensuite vaillamment au retour puis à l’attaque au 21e tour de son équipier.
Six boucles plus tard, le vice-champion 2008 voyait son avance culminer à trois secondes et demi. Mais Alonso n’était pas résigné. Au 40e passage, le dépassement des deux Virgin lui permettait de revenir plus facilement au contact et de remettre un peu de pression sur l’autre Ferrari.
Quand, au 47e tour, Felipe entendit ce message à la radio : "Fernando est plus vite que toi. Peux-tu nous confirmer que tu as bien reçu le message."
Une consigne à peine déguisée nous privant d’un duel fratricide entre deux pilotes bien décidés à tout faire pour l’emporter. Quelques virages plus loin, à la sortie de l’épingle, Felipe obéissait aux ordres en laissant passer de manière très ostensible son équipier, nettement mieux placé que lui au championnat. Un doublé, le premier de Ferrari depuis Bahrein, pipé à 19 tours de la fin.
"Felipe a-t-il eu un problème ?", demanda maladroitement à sa descente du podium un vainqueur faisant mine de ne pas comprendre que sa 23e victoire lui avait été offerte.
Hué par certains spectateurs floués, fort critiqué en conférence de presse, le double champion du monde cachait mal son embarras. Mais ne remercia jamais publiquement son équipier pour son sacrifice. Pas plus qu’il ne formula certains regrets de s’imposer de cette manière.
"J’aurais pu attaquer Felipe, je devais prendre certains risques, car je suis toujours en lice pour le titre mondial, expliquait un Espagnol malmené même s’il n’était pas vraiment responsable de la situation. Et l’on a déjà vu certains équipiers s’accrocher. Dans le contexte qui est le nôtre, après tous les déboires de ces dernières courses, l’équipe ne pouvait pas se permettre de perdre les 43 points. On devait signer ce doublé. Sur l’ensemble du week-end, j’estime ne rien avoir volé. Le team ne mérite, en tout cas, pas d’être maltraité. L’important est que nous sommes revenus dans le combat."
Même si la façon dont Ferrari et Alonso ont doublé n’est pas très sportive
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