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Grand Prix de Bahrein

De la F1 à l’endurance

Olivier de Wilde

Mis en ligne le 16/03/2010

Le GP d’ouverture a pris des allures de course de fond au lieu du sprint attendu.
Éclairage

Même si les trois premiers pointaient encore en une poignée de secondes à 15 tours de l’arrivée, l’amateur neutre de F1 ne pouvait s’empêcher de ressentir une légitime déception à l’issue de ce GP d’ouverture. On s’attendait à un feu d’artifice, on a eu droit à un pétard mouillé. Si la mécanique n’en avait pas décidé autrement, le "poleman" Sébastian Vettel l’aurait sans doute emporté après un cavalier seul. Mais faut-il pour autant d’emblée condamner l’absence de ravitaillement et réclamer, comme Martin Whitmarsh, un changement d’urgence des règles du jeu?

Nous ne le pensons pas. Après tout, Ferrari n’a pas du tout dominé la course comme le faisaient les Brawn début 2009. La Red Bull à moteur Renault est même un peu plus rapide sur un tour. La McLaren n’est pas loin. La plus rapide en ligne droite (notamment grâce à ce système révolutionnaire avec une trappe à ouvrir ou boucher sur le capot avant influençant la position de l’aileron arrière), la MP4-25 doit juste trouver un peu d’appui.

Les Mercedes sont un peu plus à la traine. Et devront se méfier en ce début de saison des Force India voire de la Renault de Kubica, les deux loupant le coche suite à l’accrochage au départ dans la fumée de Webber. On peut compter sur "Schumi" et Ross Brawn pour rattraper le temps perdu et faire de cette MGP W01 une étoile filante.

Si ce premier GP s’est avéré aussi ennuyeux, sans dépassements sur la piste parmi les ténors, c’est aussi parce que pilotes et stratèges ont manqué d’audace. Avec huit pilotes rêvant du titre, aucun n’a osé prendre de risques, porter d’attaque, tenter un pari. Tout le monde a copié la tactique défensive du voisin. Ce weekend à Bahrein, tout le monde voulait ramener des gros points. Et personne n’avait eu l’occasion d’expérimenter dans la froide Europe l’endurance des pneumatiques Bridgestone par une aussi forte chaleur (40 degrés).

Chacun craignait que les gommes dites tendres partent en lambeaux après quelques tours seulement et que les plus dures ne finissent à l’agonie. Finalement, on n’a vu aucune crevaison. Et les meilleurs chronos, à l’image d’Adrian Sutil signant le deuxième meilleur tour en course dans son ultime boucle, ont été signés en fin de parcours. "On a effectivement tous roulé sur la défensive. On se suivait car on ne voulait pas dégrader trop nos pneus avec une monoplace lourde", confiait le décevant champion en titre Jenson Button.

Après analyse de cette première course et inspection de l’état de fraicheur de pneus en béton à l’arrivée, le GP d’Australie devrait voir s’appliquer des stratégies plus agressives. On pourrait aussi voir le manufacturier japonais proposer deux options plus soft avec encore plus d’écarts de performances.

Et puis avec déjà au moins cinq pilotes et trois écuries capables de l’emporter, attendons de voir la deuxième course avant de déjà vouloir tout (r) changer. A Melbourne, on n’espère plus assister à une course d’endurance mais à un véritable sprint.

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