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Formule 1

Ferrari ne sera pas plus sanctionné

Olivier de Wilde

Mis en ligne le 09/09/2010

L’amende suffit, la fraude – consigne donnée à Massa – étant impossible à prouver.

Comme on pouvait s’y attendre, le Conseil Mondial de la FIA réuni hier à Paris a, logiquement, décidé de ne pas prendre de sanction supplémentaire à l’encontre de Ferrari dans l’affaire du doublé inversé d’Hockenheim. Pour rappel, le leader Felipe Massa avait volontairement levé le pied de l’accélérateur à la sortie de l’épingle pour laisser passer son équipier Fernando Alonso après avoir reçu le message radio suivant : "Fernando est plus rapide que toi. As-tu bien reçu le message ?" Littéralement, on peut dire que son ingénieur lui demandait s’il avait bien entendu le message. Mais personne n’est dupe. "As-tu bien reçu le message", voulait évidemment dire "as-tu bien compris que tu dois laisser passer Fernando dans l’optique du championnat ?"

Le "sorry" lancé par son ingénieur une fois que le Brésilien a obéi est sans équivoque. Le "je t’expliquerai plus tard", balancé par Stefano Domenicali après l’arrivée aussi. Mais le Brésilien a respecté deux consignes en Allemagne. D’abord celle d’offrir la victoire à un équipier nettement mieux placé que lui au championnat. Ensuite celle de se taire, de nier l’évidence. Cependant, Felipe Massa est très mauvais comédien. Et son attitude - la façon dont il tirait la tête après la course, sur le podium et en conférence de presse - ne pouvait pas laisser croire qu’il ait laissé gagner Alonso de son plein gré comme il l’a répété hier en vidéo-conférence. "Je n’ai reçu aucun ordre ni consigne. Nous formons un team, j’ai l’esprit d’équipe et je sais ce que j’ai à faire dans l’intérêt de Ferrari. Je suis un professionnel."

On ne lui a certes pas mis un révolver sur la tempe, ni menacé, mais on lui a tout de même bien rappelé ce que devait être son job de deuxième pilote. Et Felipe sait très bien qu’il avait tout intérêt à obtempérer. Le collège des commissaires sportifs en place a bien vu que l’équipe avait, d’une certaine manière (Fernando Alonso était bien le plus rapide ce weekend), influencé le résultat final du Grand Prix. Et donc n’avait pas respecté le règlement interdisant les consignes. L’amende de 72 000 euros était bien méritée. Ferrari l’a payée sans rechigner.

Mais si la fraude est évidente, tout le monde en est convaincu, elle est impossible à prouver. Il n’y a donc pas eu de punition supplémentaire et c’est bien mieux ainsi. Cette règle datant de 2002, à l’époque où Jean Todt favorisait un peu trop grossièrement (et contractuellement) Michael Schumacher, est devenu obsolète. Et ferait bien d’être purement et simplement supprimée des textes

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