Formule 1

"Motorsport is dangerous". C'est aussi évident que le tabac provoque des maladies graves. Cela fait partie du sport. Mais tant qu'un geste n'est pas franchement antisportif, on peut difficilement pénaliser pour conduite dangereuse des pilotes risquant leur vie un dimanche sur deux.

Sur la piste, les règles ne sont pas les mêmes que sur la route. Dans un embouteillage, si vous percutez la voiture freinant brusquement devant vous, c'est votre assurance qui devra payer les dégâts. Mais en F 1, il n'existe pas de code de bonne conduite. Et les manoeuvres douteuses sont laissées à l'appréciation des commissaires sportifs, gendarmes de la F 1.

Le comble évidemment dans l'élimination dimanche de Michael Schumacher est qu'elle a été accidentellement provoquée par... Montoya! Un mois après l'accroc du premier tour d'Imola, ces deux-là ont, cette fois, réussi à se toucher derrière la voiture de sécurité, alors qu'un tour les séparait.

«J'étais juste derrière eux», racontait le superbe vainqueur Jarno Trulli. «A Mirabeau déjà, ils ont failli se percuter en faisant des burnouts et en freinant brutalement. Ils étaient très chauds. J'ai pris mes distances, deux ou trois crocodiles, car j'avais peur qu'ils se rentrent dedans. Et ils l'ont fait!»

Pas intentionnel

Pas de manière intentionnelle, bien sûr, mais par trop grosse dose d'excitation et manque de précaution. Comme d'habitude, le comportement de l'Allemand a été limite. Contrairement à ce qu'il prétend, on ne l'a, en effet, encore jamais vu freiner au point d'allumer ses pneus dans un tour de chauffe.

«Il a déjà provoqué de la même manière la sortie de Button à Monza en 2000 et m'avait déjà fait le coup en Autriche l'an dernier, rappelait Montoya. Je l'avais évité de justesse et m'étais déjà plaint de cette conduite dangereuse. Une fois encore, le règlement n'est pas clair à ce sujet. Heureusement, cette fois, il s'est puni lui-même.»

A la décharge du Colombien, accusé par un rival jetant son casque de rage, nous ajouterons qu'il est tout à fait logique que l'on garde moins ses distances derrière la safety car - surtout lorsqu'elle a éteint ses lumières pour signifier que la course va être relancée - que lors du tour de formation où l'on doit, de toute manière, attendre tout le monde sur la grille avant de donner le départ. En fait, le règlement prévoit qu'on puisse appliquer une pénalité au cas où un pilote laisserait une trop grande distance (maximum la longueur de 5 voitures) avec son prédécesseur derrière la safety car. Mais rien s'il respire ses échappements. Et aucun texte n'interdit dans cette phase de neutralisation un freinage brutal. Il n'existait donc aucun élément écrit pour punir l'un ou l'autre...

© Les Sports 2004