Formule 1

MONACO Parce qu'il porte un turban et un chouchou dans les cheveux, mais surtout parce qu'il est le seul pilote de F 1 à n'avoir jamais été vu dans le paddock au bras d'une charmante jeune femme, la rumeur en a fait un homosexuel. Hier, pourtant, il a embrassé la plus belle. Ce qui rendait le petit Italien particulièrement gai. Pourtant, cet homme ne se prenant pas pour une star, l'un des pilotes les plus abordables et sympathiques du peloton, a promis que les honneurs monégasques ne le changeraient pas.

«J'adore cette course, mais pas la vie de Monaco. Les paillettes, le champagne et les jouets à plusieurs millions d'euros, je laisse cela aux autres. Moi, je suis un type normal. J'habite un petit appartement à Londres, entre l'aéroport et les ateliers de Renault, et je me déplace en métro. Je n'ai pas de Ferrari au garage ou de yacht ici dans le port. Cela ne m'intéresse pas. Je préfère gagner des courses que de l'argent.»

Né d'une famille modeste, le petit Jarno a hérité de la passion de son père, préparateur de karting. «J'ai toujours été bercé dans le milieu de la course. Ma mère me raconte souvent qu'à l'âge de 3 ans, je refusais de manger. La seule solution était de me faire faire le tour de la table avec mon tricycle en imitant le bruit des moteurs et de m'arrêter pour un ravitaillement en bouillie. Je me souviens aussi de ces nuits écourtées où je descendais de ma chambre à 4 h du matin pour regarder, fasciné, les exploits de Senna dont j'étais un grand fan. La Formule 1 a toujours été mon rêve et je mesure aujourd'hui la chance qui est la mienne.»

Pas d'effusion de larmes ni de champagne donc pour Trulli, pas de show, mais un réel bonheur intérieur.

«Que je partage avec tous ceux qui m'aiment, lança-t-il avant un repos bien mérité. La fête, ce n'est pas vraiment mon truc. Je ne suis pas du genre à faire de grandes célébrations. Après la réception au palais, je n'aspire qu'à une chose: aller me coucher. Monaco est vraiment un Grand Prix long et fatiguant. Même quand on l'emporte. Et puis, dans cinq jours, on remet déjà cela au Nürburgring.»

© Les Sports 2004