Formule 1

A une semaine de la clôture officielle des inscriptions pour le Championnat du Monde 2010, la guerre continue entre la FIA et Ferrari (soutenue dans son combat par Toyota, Renault et Red Bull), seule écurie présente en F1 depuis ses débuts en 1950. Déboutée mercredi par le juge des référés du tribunal de grande instance de Paris donnant gain de cause à la FIA, la Scuderia, véritable icône de la discipline, étudie la possibilité d'un appel tout en restant ouverte à toutes négociations afin de trouver un compromis acceptable pour tous concernant le règlement 2010 imposé par la fédération.

Pour rappel, dans le but louable de lutter contre la crise et d'attirer de nouvelles équipes, Max Mosley a notamment prévu, dès l'an prochain, de plafonner à 45 millions d'euros le budget des écuries qui le souhaitent. En contrepartie, ces "petits teams" auront le droit d'utiliser des avantages techniques spécifiques. "C'est comme si la fédération d'athlétisme décidait que pour l'épreuve du 100 m aux prochains JO, certains athlètes pourraient ne courir que 80 m mais avec un sac sur leur dos. Ridicule !" , a plaidé l'avocat de Ferrari, Maître Emmanuel Gaillard, évaluant l'avantage accordé aux petites équipes à "deux à trois secondes au tour". "Le budget annuel actuel d'une équipe de pointe est de 400 à 500 millions d'euros. On est en train de parler d'une réduction des coûts de 80 à 90 %. C'est tout simplement impossible. Virer 500 employés n'est certainement pas la meilleure manière de combattre la crise."

Cette Formule 1 "à deux vitesses" est inenvisageable pour les gros constructeurs menaçant tout simplement de claquer la porte. "Si les parties ne parviennent pas à un accord, alors Ferrari ne s'inscrira pas dans une compétition qui verrait la disparition des caractéristiques qui ont fait de la F1 la série la plus prestigieuse du sport automobile" , a répété l'écurie italienne.

Une bonne demi-douzaine de nouvelles équipes a montré son intérêt pour s'inscrire dans la nouvelle F1 à budgets limités. "Wirth Research, Lola, USF1, Epsilon Euskadi, RML, Formtech, Campos, iSport, qui paiera encore 400 euros pour venir voir ce championnat qu'on ferait mieux de rebaptiser GP3" , ironise Ferrari dans un communiqué destiné à maintenir la pression.

© La Libre Belgique 2009