Formule 1 envoyé spécial à Silvertsone

Un genou à terre après deux bêtises et un double zéro lors des deux derniers Grands Prix, Lewis Hamilton a su rebondir parfaitement et reprendre la tête du championnat du monde, hier, au terme d'une course apocalyptique remportée devant 90 000 fans en délire.

Habitué à traverser la Manche, le pilote McLaren-Mercedes a marché sur l'eau pour devancer son plus proche poursuivant, l'Allemand Nick Heidfeld, de plus d'une minute dix-huit.

"C'est de loin la plus grande victoire de ma carrière, une des plus belles courses de ma vie," s'exclamait le jeune Britannique de 23 ans avant de dédicacer son 7e succès en F1 à sa famille. "J'ai toujours rêvé de gagner ici, devant mon public, mes proches. C'est un sentiment incroyable. J'ai rarement disputé une épreuve aussi dure en raison des conditions changeantes. Ce fut mentalement très éprouvant. Il fallait constamment être concentré à 100 pc. Je ressentais beaucoup de pression mais cela m'a donné de l'énergie. J'entendais la foule hurler malgré mon casque et le bruit de mon V8. Les supporters étaient là, dans la pluie, pour me voir triompher et je suis heureux de leur offrir ce cadeau en remerciement de leur énorme soutien."

Quatrième sur la grille après un petit excès d'optimisme en qualification, Lewis n'a pourtant pas eu la vie facile.

"J'ai pris un bon départ en passant d'emblée Raikkonen et Webber. Au premier virage, j'ai glissé à l'intérieur et touché légèrement mon équipier. J'ai encore essayé de le doubler à la fin du premier tour puis je me suis calmé. J'étais plus rapide que Heikki et j'ai réussi à le passer au 5e tour."

Puis, le "King Lewis" vit fondre sur lui Kimi Raikkonen : "Je suis resté calme. J'étais prêt à me contenter de la 2e place..."

Mais après leur course dans la pitlane lors de leur premier arrêt, la monoplace rouge s'évapora dans son rétroviseur : "J'ai alors dû me battre contre les conditions. Au 36e tour, je me suis payé une belle frayeur. Avec la buée sur ma visière, je ne voyais plus bien à droite et je suis sorti de la piste. J'ai heureusement gardé le contrôle, traversé l'herbe et suis revenu sur la piste sans rien casser."

La pluie redoublait et il fallait encore opérer le bon choix de pneus : "J'ai laissé le team choisir de peur de commettre une erreur. Eux connaissaient les prévisions. Lors des vingt derniers tours, je priais pour rester sur la piste. J'ai pensé : si tu sors avec une minute d'avance, ta carrière est finie. Mais je n'ai pas tellement levé le pied car je me sentais dans mon élément."

Un poisson dans l'eau comme lui avait emmené son petit frère handicapé Nicolas pour l'encourager avant le départ. Revenant de loin après avoir traversé une période difficile, Lewis Hamilton conclut ce magnifique week-end en citant une phrase de Martin Luther King : "Ce n'est pas dans le succès, mais dans les moments difficiles que l'on grandit le plus..." Et le "king Lewis" a été très grand dimanche.