Formule 1

Ouverte, la lutte pour le titre mondial peut déboucher sur les cas de figure suivants.

Nico champion


Hamilton et Rosberg s’accrochent

Ce ne serait pas la première fois que le duel pour le titre se termine par un accrochage. On se souvient de ceux, volontaires, de Michael Schumacher en 1994 à Adélaïde avec Damon Hill et trois années plus tard avec Jacques Villeneuve à Jérez. Il y eut aussi les célèbres accrocs Prost-Senna décidant deux années de suite de l’issue du championnat même si ce n’était pas à la dernière course. Dans le cas présent, quel que soit le fautif, un accroc favorisera toujours Rosberg. Sauf si Lewis parvient à repartir et n’est pas pénalisé, ou alors pas assez. Mais la probabilité est faible. "Je ne redoute pas que cela se termine par un clash ", a déjà indiqué Lewis. "Le crime ne pourrait profiter qu’à Nico mais il n’est pas comme cela." Et puis, surtout, il n’a pas besoin de cela pour devenir champion.

Rosberg bat Hamilton avec panache

S’il ne veut pas trop qu’on évoque un premier titre au rabais, facilité par le bris de moteur coûtant 25 points à Lewis en Malaisie (plus les trois gagnés par l’Allemand suite à l’abandon de son rival), Nico ne peut pas laisser son équipier décrocher un dixième succès cette saison, le quatrième consécutif. Il doit le battre encore une dernière fois, à la régulière, en duel, afin de démontrer qu’il mérite ce titre et qu’il était bien plus fort que jamais cette année. S’il parvient à s’imposer devant Lewis, Nico sera sacré avec 19 points d’avance et l’on aura tendance à oublier un peu plus facilement le bris de moteur d’Hamilton à Sepang. On pourra écrire qu’il ne l’a pas volé.

Hamilton devant Rosberg, le plus logique

C’est le scénario le plus probable. Celui des trois dernières courses. Lewis Hamilton s’impose pour la dixième fois de la saison devant son équipier Nico Rosberg assurant sagement la deuxième place, le huitième doublé Mercedes 2016 et surtout son premier titre de champion du monde, cinq points devant son rival. En pole lors des deux dernières éditions de cette ultime course de l’année, lauréat l’an dernier, Nico sait aller vite sur cette piste. Mais le stress, l’enjeu pourraient diminuer les capacités et l’envie de bien faire de l’Allemand visant son premier titre mondial. Vu le contexte, manquer cette chance constituerait une véritable catastrophe. Lewis, lui, est bien décidé à décrocher une victoire de plus que son équipier afin de pouvoir mettre sa défaite uniquement sur le compte de la mécanique. À noter qu’en cas de succès d’Hamilton, même une troisième place suffirait à Nico pour succéder, 34 ans plus tard, à son papa Keke.

Lewis champion


Hamilton bouchonne Rosberg pour favoriser le retour des Red Bull et Ferrari

C’est le scénario suggéré par Christian Horner, le directeur sportif de Red Bull, qui a conseillé à Lewis de ruser. "Il ne lui servirait à rien de gagner avec une ligne droite d’avance. S’il est devant, il aura plutôt intérêt à ralentir pour bouchonner voire se battre avec Nico et ainsi favoriser le retour de Verstappen et Ricciardo." Voire des Ferrari si elles sont suffisamment dans le coup. Si deux concurrents s’intercalent entre Hamilton et Rosberg, le Britannique sera sacré pour la quatrième fois. Cette année, on a vu à quatre reprises (sur 20, soit dans 20 % des cas) Lewis monter sur la plus haute marche d’un podium dont Nico était exclu. Cela peut-il se répéter lors de cette finale ?

Hamilton sur le podium, Rosberg perd une roue

En début d’année, Mercedes a inversé les équipes de mécaniciens dans le garage. Un mécano rebelle, toujours fan d’Hamilton et déçu de le voir perdre le titre suite à sa panne mécanique de Malaisie, pourrait-il faire justice en serrant mal ou de travers une roue de Rosberg lors du pitstop ? Bon OK, là on est davantage dans un scénario du type Michel Vaillant, mais c’est possible. C’est dire aussi si la pression sera forte sur tous les mécaniciens ce dimanche…

Rosberg connaît un souci mécanique

La F1 reste un sport mécanique. Hamilton l’a appris à ses dépens en Malaisie en cassant son V6 alors qu’il menait la course. La roue va-t-elle tourner pour lui ce week-end ? Le mauvais sort va-t-il priver Nico de son premier titre ? Jusqu’à ce jour, la W07 de l’Allemand a fait preuve d’une fiabilité exemplaire, son seul abandon étant lié à son accrochage avec Lewis en Espagne. Chez Mercedes, on jure que tout a été entrepris pour que le titre se joue à la régulière et pas sur une panne de l’un ou l’autre. Voici deux ans, la situation était inversée à Abou Dhabi. C’était Rosberg Jr dans le rôle de l’outsider. Mais le suspense n’avait pas duré longtemps, un bris de KERS (le système de récupération d’énergie) empêchant Nico de lutter jusqu’au bout pour la victoire et le contraignant depuis le premier arrêt à un long calvaire. L’Allemand avait refusé d’abandonner et avait franchi la ligne d’arrivée au ralenti à la 14e place. Sa mécanique pourrait une nouvelle fois s’enrayer et faire rebondir une ultime fois le championnat. En cas de retrait de Nico, un podium suffira à Hamilton pour décrocher un 4e titre.