Formule 1

Ce fut un Grand Prix dantesque, inénarrable, aux multiples facettes mais avec une constance : il a plu du début à la fin et comme les lignes blanches, longeant la piste, envoyèrent les plus téméraires au tapis, ce sont les voitures de sécurité et les drapeaux rouges qui tinrent la vedette à Sao Paulo lors de l’avant-dernière manche du championnat du monde.

Hamilton et Rosberg, en première ligne comme d’habitude, ont réussi l’exploit de ne pas tomber dans le panneau de la surenchère. Ils ont eu le chic de renvoyer les calculateurs de points à leurs chères études et c’est donc à Abu Dhabi, dans quinze jours, que l’on connaîtra le champion du monde 2016.

Hamilton a donc prolongé le suspense en signant son 52e succès en F1. Mais ces comptes d’apothicaire n’ont pas eu d’influence sur la qualité du spectacle.

Un jeune homme s’est révélé une fois de plus. Verstappen est un génie de la conduite. Et dire qu’il n’a pas eu de chance lors de cet exercice brésilien. À quelques encablures de l’arrivée, il s’engagea à deux reprises dans la pitlane. La première fois pour chausser des gommes mixtes puis pour remettre des pneus rainurés, convenant nettement mieux. L’arrêt supplémentaire dont Verstappen fut l’objet lui a certainement coûté la deuxième place, qu’il occupa un moment. Il aurait alors augmenté la différence de points entre Hamilton et Rosberg, perspective qui ne convenait pas du tout à l’Allemand. Mais bientôt, tout rentra dans l’ordre et les deux Mercedes, avec Hamilton devant Rosberg, croisèrent le drapeau à damier dans cet ordre. Mais, pour en arriver là, les événements ne manquèrent point.

Des accidents qui se succèdent

Oublions un instant Hamilton et Rosberg, disposant de voitures trop fortes pour leurs adversaires. Ainsi, Grosjean donna le ton en sortant de la route lors de la mise en grille. Dans ces conditions tout à fait particulières, les erreurs se succédèrent. Il y eut la sortie de piste d’Ericsson, valant bien une "safety car" et un peu plus tard, au 19e tour, c’est Räikkönen qui partit à la faute. Troisième sur la grille, quatrième à ce moment-là, il orchestra la sortie du drapeau rouge. Lorsque Palmer heurta Kvyat, on ressortit le même attirail. De neutralisations en arrêts sur image, les as du volant firent un maximum de tours au ralenti !

Cela faisait les affaires du tandem Hamilton-Rosberg qui ne furent pas les seuls à tenir la vedette. Perez et Sainz eurent de la magie au bout des pieds. Ils terminèrent 4e et 6e, encadrant Vettel, dont la Ferrari fut mise à rude épreuve.

On s’intéressa aussi aux prestations diaboliques de Nasr et Ocon. Le pilote Sauber n’est pas encore assuré de poursuivre sa carrière en Formule 1 mais il devint passager de la pluie au meilleur moment, terminant 9e non loin de Ricciardo.

Et puis, il y a Esteban Ocon. Français d’origine espagnole, il a même réussi à brûler la politesse à Pascal Wehrlein puisque le pilote de l’Hexagone vient d’être engagé par Force India pour 2017. Merci Mercedes.