Formule 1 Avec 63 voitures et une vingtaine de candidats au succès, la 69e édition s’annonce disputée.

Avec cinq à six fois plus de spectateurs belges que pour le Grand Prix de F1, les 24 H de Francorchamps sont plus que jamais, aujourd’hui, l’événement automobile le plus populaire de notre royaume. Un rendez-vous du milieu de l’été et des vacances devenu incontournable pour les amateurs de courses et de rutilantes GT. On y vient par dizaines de milliers, en famille, entre amis ou supporters passionnés pour vivre cette grande fête des sports mécaniques comme d’autres vont à Tomorrowland. Des Francofolies motorisées où le principal concert est celui de V8, V10 ou V12 lancés, ce samedi à 16 h 30, dans une ronde infernale.

Un double tour d’horloge qui ne s’est jamais annoncé aussi indécis que pour cette 69e édition.

C’est vrai que l’on a tendance à répéter cela chaque année depuis l’avènement du GT3 faisant aujourd’hui le succès de "la plus grande course de Grand Tourisme au monde".

Mais c’est d’autant plus vrai aujourd’hui avec un plateau riche de soixante-trois voitures dont soixante et une de la même catégorie.

Parmi elles, on recense onze marques différentes dont, sans mentir ni exagérer, au moins six, représentées par onze teams (WRT, ISR, Saintéloc, HTP, Black Falcon, Akka ASP, M-Sport, Abt, AF Corse, Kus 75 et Rowe) peuvent prétendre à la victoire finale. Ce qui représente plus d’une vingtaine d’autos dont six pilotées par un Belge avec en plus du tenant du titre Maxime Martin et des frères Vanthoor, Maxime Soulet, Fred Vervisch et Nico Verdonck.

La Balance de Performances a tout révolutionné

Depuis que notre grande endurance est réservée uniquement aux GT3, soit en 2011, seuls trois constructeurs se sont imposés : Audi trois fois, BMW les deux dernières années et Mercedes en 2013. En ajoutant Porsche qui revientplus au moins officiellement avec Laurens Vanthoor, on a les quatre grandes marques allemandes trustant les six derniers podiums.

Un quatuor auquel il convient certainement cette année d’ajouter Bentley et Ferrari.

Passée à côté de la montre en or l’an dernier en multipliant les fautes, la team M-Sport de Malcolm Wilson possède toujours avec la Continental une arme redoutable. On dit avoir appris de ses erreurs et, avec le soutien d’une troisième voiture de chez Abt, les Anglais semblent prêts à prendre leur revanche.

Pour la première fois depuis longtemps, Ferrari est aussi de retour avec de réelles ambitions. Pour fêter les 70 ans de la marque, AF Corse aligne enfin trois 488 en Pro.

Si les chances de McLaren, Nissan, Aston Martin, Jaguar voire même Lamborghini (l’Huracan a pourtant déjà remporté deux épreuves cette année mais sur de plus courtes distances) sont très faibles, la course risque de s’apparenter à un véritable sprint pour les six marques de pointe toutes plus ou moins soutenues par l’usine.

Car, grâce à la Balance de Performances (la fameuse BOP) contribuant à l’énorme succès des Blancpain GT Series, les écarts sont infimes. Vingt voitures et dix marques en 45 centièmes à l’issue des qualifications, trente-six dans la même seconde, sur un tracé de 7 km, c’est du jamais vu. Bravo au passage à l’ingénieur belge Claude Surmont, le garant de cet incroyable équilibre des forces en présence rendant les courses plus palpitantes que jamais.

Au final, outre l’homogénéité des équipages, ce sont la fiabilité, la gestion du trafic et des pneus, l’efficacité dans les stands, la stratégie, le respect du règlement et des limites de la piste pour éviter les pénalités, les accidents, la chance lors des voitures de sécurité ou neutralisations sous drapeaux jaunes sans oublier bien sûr la météo qui décideront des vainqueurs à l’arrivée - de nouveau au sprint ? - de vingt-quatre heures de véritable folie.