Formule 1

Le hasard fait parfois bien les choses. Michael Schumacher célèbre en effet ce week-end son 300e Grand Prix à Francorchamps, là où tout a commencé en 1991 sur la Jordan au volant de laquelle il remplaça au pied levé (mais déjà bien enfoncé sur l’accélérateur) le prisonnier Bertrand Gachot.

"Spa-Francorchamps, c’est un peu comme mon salon", confie le septuple champion du monde. "Je m’y sens comme à la maison. Pour moi, c’est clairement la course n°1 au monde. Un circuit où le pilote fait encore la différence, où la montée d’adrénaline est la plus forte, surtout lorsque vous abordez le virage de l’Eau Rouge (NdlR : le Raidillon) . C’est comme si vous fonciez en rase-mottes avec un avion de chasse et que d’un coup vous vous trouviez face à un mur et que vous tiriez à fond sur le manche. C’est un défi à chaque tour."

Schumi, 43 ans, a vécu plein de grands moments à Spa : "Mes débuts en 1991 avec Jordan, ma première victoire l’année suivante chez Benetton, mon septième et dernier titre mondial en 2004 et beaucoup de très grandes courses."

En quinze participations, l’Allemand s’est imposé à six reprises en Belgique (1992, 1995, 1996, 1997, 2001 et 2002). Un record. Sans compter qu’en 1994, il avait franchi la ligne en vainqueur avant d’être disqualifié parce que son sabot (la planche de bois sous le fond plat de sa Benetton) avait trop raclé le bitume. Au total, il est monté à neuf reprises sur le podium, dix en fait avec 1994. Et s’il n’a signé que deux poles, en 1994 et 2002, sa dernière avec Ferrari reste en 1’43’’726 le record de l’ancienne piste, avant la construction de la nouvelle chicane.

Ce dimanche, deux ans après son ancien équipier Rubens Barrichello, il sera le deuxième pilote de l’histoire à franchir la barre des 300 départs en F1. "Et j’en suis très fier. Aucun doute que nous voulons fêter cela avec un bon week-end. Nous avions réussi des bonnes performances à Spa l’an dernier pour mes 20 ans de GP. Je vais tout faire pour réussir une course solide."

Sorti lors de la première phase qualificative l’an dernier, le pilote Mercedes était remonté de la dernière à la cinquième place. Une brillante performance ne valant toutefois pas celle de 1995 qui l’avait mené de la seizième à la première position.

"Logiquement, notre monoplace devrait être à l’aise sur ce tracé. Toute l’équipe a bien travaillé après la pause estivale pour tenter de rattraper une partie de notre retard", conclut le nouveau citoyen d’honneur de la ville de Spa qui, s’il prolonge son bail en 2013, pourra faire mieux que les 326 courses de Barrichello et établir ainsi un dernier record de longévité qu’il aura bien mérité.