Formule 1 Le Britannique a tous les éléments avec lui pour décrocher son 5e titre en Amérique centrale.

Il était le pilote le plus triste dans le paddock d’Austin au soir du Grand Prix des États-Unis. Il comptait devenir l’égal de Juan Manuel Fangio dans ce pays de l’Oncle Sam qu’il apprécie particulièrement. Mais le Britannique a dû remettre la grande fête qu’il avait prévue à plus tard.

Autant dire qu’il est motivé comme jamais à l’idée d’être champion du monde pour la 5e fois de sa carrière. À Mexico City, il veut plier le championnat ce dimanche et mettre K.-O. pour de bon Sebastian Vettel. "Je suis compréhensif pour les fans", indique Lewis, qui avait justement décroché son dernier titre sur l’Autodromo Hermanos Rodriguez il y a douze mois. "Si j’étais chez moi devant la TV, j’aimerais que la lutte dure le plus longtemps possible. Mais je suis dans une position de pilote et ne suis pas de cet avis : quand vous luttez pour le titre, vous n’avez qu’un seul objectif, c’est le remporter le plus tôt possible."

Mathématiquement, une 7e place lui suffit pour décrocher la couronne si Vettel devait remporter la course. Alors, une promenade de santé pour le numéro 44 dans le parc de Mexico ? Pas tant que ça car on a déjà vu à plusieurs reprises qu’un leader du championnat est encore plus sous tension quand il est sur une voie royale. "Malgré l’avance que je possède au championnat, la tension demeure très élevée, ajoute Hamilton. Cela peut paraître difficile à comprendre vu de l’extérieur, mais il y a encore beaucoup de points sur la table et pas mal de choses peuvent mal tourner."

En altitude

S’il ne s’est imposé qu’une seule fois au Mexique (en 2016, NdlR), le gamin de Stevenage part avec les faveurs des pronostics grâce à son avance au championnat, mais pas seulement. En effet, le tracé de Mexico se trouve en altitude. Les moteurs sont donc mis à forte contribution, bien plus que lors des autres Grands Prix de la saison. Or on sait à quel point la Mercedes a des beaux poumons qui devraient lui permettre d’avoir un coup d’avance sur la concurrence. De surcroît, après la défaite d’Austin, gageons que ce maniaque de Toto Wolff a secoué l’équipe de Brackley comme un prunier pour la remonter comme un coucou. "Si je devais gagner le titre, je pense que c’est celui qui me rendrait le plus fier et que j’apprécierais le plus. Juste parce que je suis un peu plus vieux et que c’est ce qui arrive quand on vieillit, j’imagine." Et comme le grand Fangio 61 ans plus tôt, Lewis tâchera de ceindre sa 5e couronne avec le panache des grands champions de F1. Mais le confort du leadership n’est jamais un bon allié.Martin Businaro