Formule 1 Thierry Neuville est très déçu après son podium corse, car Ogier s’envole.

Si, en montant sur la 3e marche du podium, Thierry Neuville et Nicolas Gilsoul ont encore bien limité les dégâts, la manière dont l’équipage Hyundai a été dominé en Corse est plutôt inquiétante.

Certes, grâce à la crevaison d’Esapekka Lappi qui les aurait mangé tout cru et malgré un moteur tournant sur trois cylindres dans l’ultime spéciale, nos compatriotes ont ramené quinze points. Mais c’est tout de même treize de moins qu’Ogier portant désormais son avance à 17 unités.

"On n’a jamais été aussi vite en Corse," explique Nicolas Gilsoul. "On a battu nos chronos de l’an dernier. Le problème, c’est que nos rivaux ont progressé bien plus vite que nous."

Du coup, la Hyundai peine à signer des chronos dans le Top 5. "On s’attendait à voir Citroën devant sur l’asphalte. Mais Ford et Toyota nous ont aussi dépassés. On ferme la marche. On n’a plus les moyens de se battre avec les autres à la régulière," constatait amèrement un Neuville jetant son casque et claquant la porte de sa voiture pour évacuer une légitime frustration.

Sur le podium, il n’eut même pas le coeur d’agiter le champagne. "Je suis très déçu. On a attaqué comme des fous, on a fait un super rallye, sur le fil, sans commettre de fautes et on est largué par rapport aux autres."

Pour la première fois depuis 2016, nos représentants n’ont pas signé un seul scratch. Même pas un temps dans le Top3

Et leur équipier Andreas Mikkelsen, qui se battait à la seconde avec eux pour la victoire ici en 2011, termine au 7e rang.

"On n’a pas eu les bonnes évolutions au bon moment. Il va falloir pas mal de développement pour corriger cela. C’est une question de dimensions de la Hyundai, de répartition des masses, de géométrie. On ne va pas régler cela en quelques clics."

Et les quatre chevaux de plus annoncés pour l’Argentine - au lieu de 14 dernièrement pour la Ford - ne vont pas empêcher la monture de Thierry de sous-virer. À voir la forme affichée par le binôme Ford-Ogier et la mine défaite de son rival noir-jaune-rouge, on peut déjà nourrir quelques craintes concernant les chances de nos compatriotes d’empêcher le Gapençais de coiffer une 6e couronne.

"On ne va pas baisser les bras. C’est grâce à notre motivation que l’on a sauvé les meubles ici. On ne perd pas le titre sur une course. On a lâché une bonne dizaine de points, mais ce n’est pas la catastrophe non plus. Il faut maintenant réagir et vite. Sur la terre, nous sommes plus compétitifs. Du moins, je l’espère. On verra en Argentine où Seb va ouvrir. Il nous reste quelques mois avant l’Allemagne pour trouver des solutions pour le goudron."

En priant pour que chez Hyundai, on ne se contente pas trop vite de la perspective d’un premier titre constructeurs. Car au vu des résultats de ce Tour, c’est loin d’être gagné d’avance. Et ce ne serait surtout pas mérité…