Formule 1

Baptisée tardivement pour mieux copier les autres ou ne pas dévoiler trop vite ses secrets, la MP4-26, petite dernière de la famille McLaren, est mal née.

Certes, le bébé aux traits fins et au look avant-gardiste était beau. Mais une fois en piste, Lewis Hamilton et Jenson Button ont pu constater qu’il avait du mal à bien marcher. Les ingénieurs sont-ils allés trop loin dans leur quête de solutions innovatrices ?

Le fait est là : à l’issue des derniers tests, l’équipe de Martin Whitmarsch, qui a les moyens et l’ambition de lutter pour les titres mondiaux, accusait un retard de l’ordre d’une bonne seconde sur ses rivaux. Tout cela sans du tout être fiable. Une situation alarmante nécessitant de déclencher un plan d’urgence.

Ainsi, l’écurie de Woking a revu sa copie et enclenché la marche arrière. Et a étrenné cette nuit à Melbourne une monoplace profondément modifiée : “On est revenu à quelque chose de plus simple, notamment au niveau des échappements”, explique un Lewis Hamilton s’efforçant de garder le sourire et le moral. “Cela pourrait être fantastique ou un désastre. Je ne crois pas au miracle mais bien au travail. Je sais que l’équipe n’est pas heureuse après ce mauvais hiver et que tout le monde donne le maximum pour rectifier le tir. J’espère que l’écart sera réduit à une demi-seconde ou huit dixièmes. Et puis nous arriverons avec d’autres évolutions en Turquie pour le début de la saison européenne. On ne démarre pas dans les meilleures conditions mais on ne baisse pas les bras.”

Une situation frustrante pour un des meilleurs pilotes du plateau ? “Je m’efforce de rester positif. J’aime les challenges difficiles. Ce n’est pas gai de gagner facilement. On va mettre les bouchées doubles. Depuis mes débuts en F1 il y a quatre ans, je me suis imposé au moins une fois chaque année et cela ne changera pas. On remportera des victoires mais sans doute plus tard dans la saison. Je reste confiant.”

Devenu un adepte de la pensée positive, le champion 2008 ne manque pas d’ambitions : “J’aimerais vraiment qu’avec Jenson on ramène le titre constructeurs à l’équipe. Elle le mérite. Personnellement, je veux être considéré comme un des plus grands de ma génération. Et pour être reconnu comme tel il n’y a pas d’autres moyens que de remporter des titres. J’en ai déjà un, mais j’en veux d’autres. Et pas seulement deux. Et il n’y a pas meilleur team pour atteindre cet objectif. McLaren et moi sommes des battants. On a une colline face à nous mais nous la gravirons.”

© La Libre Belgique 2011