Formule 1 A l'inverse d'un Montoya resté sur place avec un embrayage défaillant, la Renault de Fernando Alonso, bondissant du 5e rang pour virer en 2e position, décolla comme une fusée. Mais l'Espagnol ne put résister plus d'une boucle et demie aux assauts d'un Raikkonen bien décidé à se payer le scalp de Schumi. Hélas! alors qu'il était revenu à deux secondes au début du 14e tour, tous les espoirs du Finlandais s'envolèrent subitement au bout de la ligne droite avec une partie de son aileron arrière (un défaut de fabrication selon Ron Dennis), sa McLaren-Mercedes finissant sa course folle dans les pneus. «Je suis extrêmement déçu, marmonnait Kimi après avoir jeté son volant de rage. Pour l'accident, bien sûr, mais aussi pour m'être fait surprendre au départ par Fernando. S'il ne s'était pas intercalé, j'aurais pu attaquer Michael et me retrouver en tête grâce à l'avantage de nos Michelin lors du premier tour. J'aurais pu gagner aujourd'hui. Enfin, l'important est que j'aie confirmé que notre MP 4- 19B est redevenue compétitive. Et que je ne me sois pas cassé la jam- be. J'aurais eu l'air malin, samedi, à mon mariage avec des béquilles!»

Ramassés par quelques concurrents, les débris jonchant la piste après le spectaculaire crash d' Iceman causèrent la perte de David Coulthard, déjà touché au départ par Barrichello, et de Trulli, dont la Renault manqua soudainement d'adhérence et se mit à sous-virer anormalement. Un mal affectant subitement aussi la monoplace d'Alonso, obligé de baisser la cadence entre les 52es et 58es tours: «J'ai d'abord cru à un souci d'aileron, une roue desserrée ou un problème de suspension. J'ai appelé le team par radio pour lui dire que je rentrais pour un rapide contrôle, mais ils m'ont demandé de rester en piste. Puis, soudainement, après être monté un peu durement sur un vibreur, le souci a disparu et j'ai pu résister au retour de Coulthard.»

Et monter sur son troisième podium de la saison aux côtés de Button: «On s'est bien amusés tous les deux. Il a un pilotage aussi agressif que moi, mais toujours correct. Pour moi, c'est cela la course.»

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